Avec la Russie mais sans Iranien, Milan Cortina lance ses Jeux paralympiques
Dans un contexte pesant marqué par le boycott de la cérémonie d'ouverture par sept pays opposés au retour des Russes et par la guerre au Moyen-Orient, les Jeux paralympiques d'hiver de Milan Cortina s'ouvrent vendredi en Italie, où le sportif espère reprendre ses droits.
Sous les yeux du président italien Sergio Mattarella, chaudement applaudi, et de la Première ministre Giorgia Meloni, la cérémonie a débuté aux alentours de 20h00, mettant en scène un spectacle sons et lumières sur le thème de "la vie en mouvement", animé notamment par le batteur du groupe britannique The Police, Stewart Copeland.
Quelques heures plus tôt, la journée a été marquée par l'absence du seul para-athlète iranien engagé sur ces Jeux paralympiques. Aboulfazl Khatibi Mianaei, 23 ans, présent à Pyeongchang 2018 et Pékin 2022, devait s'aligner sur deux épreuves de para-ski de fond. Mais dans l'impossibilité de rejoindre l'Italie "en toute sécurité", il a été contrait de renoncer.
"C'est vraiment décevant pour le sport mondial et surtout pour Aboulfazl Khatibi Mianaei", a regretté Andrew Parsons, président du Comité paralympique international (IPC), dans un communiqué.
Déjà amené il y a quatre ans à prononcer un discours d'ouverture dans une période marquée par la toute récente invasion russe de l'Ukraine, Parsons avait reconnu jeudi que son "appel désespéré pour la paix" était toujours aussi nécessaire.
Mais, au milieu des "conflits et des choses négatives dans le monde, nous avons toujours besoin d'inclusion. Et d'inclusion par le sport. Le sport est ce que nous essayons de protéger pendant ces Jeux", avait ajouté le président brésilien de l'IPC.
Au-delà de la guerre au Moyen-Orient, c'est la réintégration de la Russie, votée il y a quelques mois en assemblée générale par l'IPC en dépit du conflit qui dure depuis quatre ans en Ukraine, qui a focalisé les tensions.
Alors que l'hymne russe pourrait retentir pour la première fois depuis 2014, année de sa dernière participation sous son propre drapeau à des Jeux, plusieurs comités paralympiques nationaux ont fait le choix de ne pas assister en conséquence à la cérémonie d'ouverture (Ukraine, République tchèque, Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie et Finlande).
Ce sera également le cas au niveau des représentations politiques. La ministre française des Sports, Marina Ferrari, et le gouvernement britannique ont renoncé à se rendre dans les Arènes de Vérone pour protester contre la présence des dix sportifs russes et bélarusses bénéficiaires d'une invitation de l'IPC.
Quatre d'entre eux, tous engagés en ski de fond, sont attendus pour le défilé des athlètes, puisque la Russie et le Bélarus feront partie des quelque 28 comités à compter des sportifs pour la parade.
Les autres ont soit renoncé pour raisons politiques, soit par choix sportif, les sites de compétition étant particulièrement éloignés. C'est le cas notamment, selon l'IPC, de la France, de la Grande-Bretagne, du Canada ou de l'Allemagne.
- Les Bleus ambitieux -
Le boycott se limitera à la cérémonie d'ouverture - voire de clôture -, aucun pays n'étant allé jusqu'à renoncer à prendre part à la dizaine de jours de compétition étalées entre Milan (para-hockey), Cortina (ski alpin, snowboard, curling fauteuil) et le Val Di Fiemme (ski de fond et biathlon).
Au total, près de 600 sportifs de 55 nations participeront aux 79 épreuves à médailles.
Côté tricolore, 17 para-athlètes et guides engagés en para ski alpin, para biathlon, para ski de fond et para snowboard s'apprêtent à se lancer à partir de samedi avec l'espoir de se hisser parmi les premières places au tableau des médailles, qui devrait être dominé par la Chine.
"L'ambition reste le top 4", a indiqué la présidente du CPSF Marie-Amélie Le Fur, selon qui les Bleus espèrent obtenir 50% de médailles en plus par rapport à 2022, soit 18.
Y.Simon--JdB