Australie: menaces de mort contre la mère de l'assaillant présumé de la plage de Bondi
La mère de l'assaillant présumé de la plage de Bondi a reçu des menaces de mort après l'attentat antisémite de Sydney qui a tué 15 personnes en décembre, a signalé l'avocat de l'accusé lundi, lors d'une audience visant à rétablir l'anonymat de ses proches.
Naveed Akram et son père Sajid sont accusés d'avoir ouvert le feu lors d'une célébration de la fête juive de Hanouka - l'attaque la plus meurtrière en Australie depuis trois décennies. Naveed Akram est inculpé pour terrorisme, homicides, tentatives de meurtre et usage d'explosifs. Son père a été tué par la police au cours de l'attaque.
Lors d'une audience distincte de son procès à venir, l'accusé a cherché lundi à faire interdire à la presse la diffusion des noms et photos de sa mère et de ses frère et sœur, mais aussi de l'adresse de son domicile familial.
"Rien ne suggère que sa mère, son frère et sa sœur ont quelque chose à voir avec cela (l'attentat, ndlr)", a décrit à l'audience son avocat, Richard Wilson. Ce dernier a toutefois reconnu que les faits reprochés à son client avaient entraîné une colère et un chagrin "inédits, extraordinaires et totalement compréhensibles".
Sa mère, que l'AFP ne peut nommer en raison d'une décision temporaire de la justice, a reçu des menaces de mort, a décrit l'avocat. Deux semaines après l'attentat, un anonyme l'a appelée pour lui demander: "êtes-vous toujours vivante?".
Le domicile familial a aussi été vandalisé et une côte de porc a été lancée vers le véhicule de la famille. Des automobilistes ont proféré des insultes en direction du logement, a ajouté l'avocat.
Me Wilson a dit craindre pour la vie de la famille de l'assaillant présumé, évoquant le risque que des individus ne souhaitent se substituer à la justice.
Matthew Lewis, l'avocat de nombreux médias australiens tels qu'ABC, a, lui, argué que la localisation du domicile familial avait déjà été largement diffusée avant d'être donnée par la presse.
Naveed Akram a assisté silencieusement à l'audience par visioconférence depuis une prison de haute sécurité. La cour doit rendre sa décision le 2 avril.
A.Thys--JdB