Rugby : Théo Forner, le talent catalan chez les Bleus
Champion olympique de rugby à VII en 2024, l'ailier Théo Forner multiplie les cavalcades et vit une période faste avec Perpignan, son club de toujours, où il s'est imposé jusqu'à s'inviter chez les Bleus cet été et en novembre.
Malgré le soleil persistant qui s'obstine à réchauffer Perpignan, même l'automne venu, le trois-quarts catalan de 25 ans semble bien décidé à rester sur le nuage qui le porte depuis plusieurs mois.
Avec cinq essais inscrits lors des six premières rencontres de Top 14, il a confirmé sa capacité à semer la zizanie dans les défenses adverses, et a un peu plus attiré les regards vers lui.
Les projecteurs s'étaient déjà braqués sur ce spécialiste du rugby à VII lors de sa bonne passe en fin de saison dernière, lorsqu'il s'était montré décisif à plusieurs reprises avec l'Usap, permettant aux siens de prendre l'avantage lors du match d'accession crucial contre Provence Rugby en juin, remporté 47-24.
- "Décomplexé" -
Ses longues chevauchées pour transpercer les lignes adverses ont marqué les esprits et retenu l'attention du staff du XV de France, qui l'a amené dans ses bagages à l'autre bout du monde lors de la phase estivale du Championnat des nations, sans qu'il n'entre en jeu.
Forner remontera donc à Marcoussis pour préparer la deuxième partie de la compétition, convoqué mercredi dans la liste dévoilée par le sélectionneur Fabien Galthié.
"J'irai vraiment décomplexé pour essayer de montrer mon plus beau rugby", a expliqué l'ailier né à Perpignan.
"C'est mérité, ce n'est pas que sur le fait d'un match ou de deux matches de début de saison, c'est un suivi que les sélectionneurs ont", souligne Mathieu Cidre, l'entraîneur adjoint de l'Usap.
Ses appuis de feu, sa vista et la confiance gonflée dont il bénéficie actuellement lui ont permis de crever l'écran, comme lors de la réception du double champion d'Europe Bordeaux-Bègles. Lancé sur son aile droite, Forner a distillé un par-dessus parfait pour lober Salesi Rayasi avant de crocheter Damian Penaud sans ménagement puis d'aplatir.
Un échantillon de ce qu'est capable d'accomplir le Perpignanais également à l'aise sous les ballons hauts. Il a parcouru 549 mètres ballon en main cette saison, soit le troisième meilleur total du championnat, cassant 17 plaquages.
"C'est un garçon qui arrive vraiment sur une phase où il est en pleine force de l'âge qui a un gros atout, c'est sa vitesse", souligne Cidre, avant d'ajouter : "Il a encore besoin de vivre des situations, de faire des matches, il a été récompensé cet été, c'est très bien pour lui, il faut qu'il profite vraiment de surfer sur cette période-là."
- Double objectif -
De quoi faire tourner la tête du trois-quarts sang et or ?
"Je ne me pose pas trop de questions. Je ne me monte pas la tête. Je reste dans ma bulle, dans l'équipe et avec mes proches", affirme Forner avec simplicité.
"Il doit être dans cette continuité et continuer à faire les efforts. Il a du talent et le talent, ça demande à chaque fois de la remise en question", complète Mathieu Cidre.
L'ailier défiera quelques uns des meilleurs trois-quarts du monde samedi à Ernest-Wallon (16h35) face au Stade toulousain, à la veille de rejoindre le rassemblement du XV de France en attendant, pourquoi pas, de décrocher sa première cape en novembre.
Une tunique bleue qu'il a déjà endossée lors de ses années à VII, où il a pu peaufiner ses qualités naturelles et participer aux Jeux de Paris en 2024.
Blessé lors du dernier match de la phase de groupes, il avait cédé sa place à Nelson Epée et n'avait pas pu participer aux phases finales.
Alors que l'équipe de France à VII était présente pour un stage à Perpignan cette semaine, Forner a pu en profiter pour recroiser les camarades avec qui il a conquis l'or.
Rêve-t-il désormais de conserver ce titre olympique, ou d'aller chercher le sacre mondial à XV en 2027 en Australie ?
"Ce n'est pas la même année...", a-t-il souri mercredi en conférence de presse, sous-entendant avec gourmandise que les deux pouvaient s'envisager.
D.Mertens--JdB