Journal De Bruxelles - Le groupe RATP revoit sa stratégie pour mieux exporter sa longue expérience

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Le groupe RATP revoit sa stratégie pour mieux exporter sa longue expérience
Le groupe RATP revoit sa stratégie pour mieux exporter sa longue expérience / Photo: Simon WOHLFAHRT - AFP

Le groupe RATP revoit sa stratégie pour mieux exporter sa longue expérience

Le groupe RATP, qui exploite des réseaux de transports à Paris, Riyad, Lyon ou au Caire, a annoncé jeudi un plan stratégique pour les années à venir, visant à offrir des "services élargis" aux villes, en mariant ses savoir-faire de transporteur, d'aménageur immobilier et d'ingénierie.

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Le nouveau président Xavier Piechaczyk compte développer sa "vitrine francilienne" et s'appuyer sur elle pour exporter les compétences techniques du groupe acquises depuis 75 ans, dans le but d'augmenter son chiffre d'affaires et d'améliorer la "qualité de ville" dans les collectivités qui feront appel à elle, a-t-il expliqué à la presse en début de semaine.

Côté chiffres, le plan affiche l'ambition d'une hausse de 18 % de son chiffre d'affaires consolidé en cinq ans, à 9,4 milliards d'euros en 2030 contre 7,9 milliards en 2025.

Singularité, la croissance doit être portée par les filiales, celles qui répondent aux appels d'offres lancés par les villes en France ou à l'étranger pour développer une ligne de métro automatique ou exploiter un réseau de bus.

Leur chiffre d'affaires doit doubler d'ici 2030 à 5 milliards d'euros contre 2,5 milliards en 2025, ce qui leur permettra de peser pour 54 % des ventes totales à cette date, contre 31 % en 2025.

Dans le même temps, l'Etablissement public (EPIC), cœur historique de la RATP, qui concentre les activités en monopole, ne représentera plus que 46 % des ventes en 2030 à 4,3 milliards d'euros, contre 69 % l'an passé à 5,4 milliards d'euros.

"C'est le monde de la mise en concurrence qui tire le chiffre d'affaires du groupe, c'est clair, c'est assumé et cela me va bien", a dit M. Piechaczyk à la presse, en promettant aussi d'être plus sélectif sur les contrats pour qu'ils soient plus rentables.

Début octobre, le PDG a présenté son plan à son conseil d'administration et à plusieurs centaines de cadres en France et à l'étranger.

- "Complexité urbaine" -

Son espoir ? Redonner un cap et une énergie à un groupe en crise d'identité après l'arrivée de la concurrence dans les réseaux de bus franciliens qui le font mécaniquement rétrécir - et d'ici 2030 dans les tramways, puis les métros et RER.

La crise des recrutements post-covid et l'ingérence de plus en plus affirmée d'Ile-de-France-Mobilités (IDFM), l'autorité organisatrice des transports, sur sa gestion quotidienne, pèsent aussi sur l'ambiance.

Le logo du groupe - qui représente le fleuve Seine, stylisé comme un visage de profil et entouré d'un cercle vert, a d'ailleurs disparu des portes des bus et métros, remplacé par le logo d'Ile-de-France Mobilités. La RATP se retrouve renvoyée à l'anonymat des prestataires de service, au même titre que ses concurrents Transdev ou Keolis.

L'un des points forts du groupe est issu de son grand âge et de son expérience : savoir "gérer la complexité urbaine" en étant capable de moderniser de fond en comble une ligne de métro à fort trafic sans interrompre les circulations, fait-il valoir.

Des chantiers de nuit souvent et un travail beaucoup plus complexe que la construction d'une ligne nouvelle, un savoir-faire unique qui ouvre des marchés en Europe où les réseaux sont vieillissants. Récemment, la RATP a remporté à Copenhague la gestion et la modernisation de quatre lignes de métro.

M. Piechaczyk n'a pas évoqué la question du climat ou de projets d'adaptation aux fortes chaleurs et aux risques d'inondation.

Autre chantier stratégique, "établir la clarté sur les niveaux de responsabilité". En particulier, le PDG souhaite que la "tête de groupe" - qui ne sera plus nécessairement l'EPIC - accueille les "fonctions expertes rares et pointues" comme l'ingénierie, afin de les mettre à disposition de tout le groupe.

"Nous sommes 75.000 dans 17 pays, la tâche est grande" dit-il.

R.Verbruggen--JdB