Mondiaux de cyclisme: Seixas, tous pour un
Un pour tous mais surtout tous pour un: aux Mondiaux de cyclisme à Montréal, l'équipe de France se range comme un seul homme derrière Paul Seixas qui a fêté seulement ses 20 ans jeudi mais porte déjà tous les espoirs de la nation.
"Il est où le Tigre?" Mercredi, à l'hôtel des Bleus à Bromont, à une heure à l'est de Montréal, Alex Baudin et les autres Français n'attendent plus que lui pour une sortie d'entraînement. Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvre et le jeune patron arrive, prêt à mener ses troupes au combat.
A seulement 20 ans, le phénomène, quatrième du dernier Tour de France, s'est déjà imposé comme l'incontestable leader des Bleus, à diriger des coureurs parfois beaucoup plus vieux que lui.
"C'est vrai que c'est impressionnant", souffle le sélectionneur Thomas Voeckler qui lui a concocté une équipe totalement dévouée à son service.
"Il n'y a pas de plan B", résume Nicolas Prodhomme qui est avec Jordan Labrosse l'un des deux coéquipiers de Seixas chez Decathlon CMA CGM.
Il y a aussi Alex Baudin et Valentin Paret-Peintre, deux grimpeurs également passés par AG2R. Jordan Jegat, avec lequel il s'entraîne parfois à Nice où ils résident tous les deux.
- "Il le mérite" -
Bruno Armirail, son coéquipier avant de partir chez Visma l'hiver dernier, lui distille des conseils, tout comme Pavel Sivakov qui le rejoindra l'an prochain dans la formation française après trois saisons au service de Tadej Pogacar chez UAE.
"Il me rappelle Tadej, quand on va rouler ensemble, il nous broie", souligne Sivakov qui, à l'image de tous les autres, dit se mettre sans le moindre état d'âme à la disposition de son leader.
"Si je dois rouler au kilomètre zéro, je le ferai. Je suis ici pour Paul", affirme-t-il.
"Il n'y a pas débat. A la pédale, il est beaucoup plus fort que nous. J'ai vraiment hâte de courir pour lui parce qu'on sait qu'il va aller chercher un résultat", abonde Alex Baudin qui veut "rendre la course la plus dure possible pour avantager Paul et éliminer ces mecs comme Van der Poel et Van Aert".
"On sait pourquoi on est là: pour Paul, ajoute Valentin Paret-Peintre. Donc peu importe le travail qu'on me demande, je le ferai à 100% et avec grand plaisir. Paul a montré qu'il méritait d'avoir les sept mecs à son service. Thomas (Voeckler) a aussi construit le groupe autour de lui avec des coureurs qui savent se sacrifier pour un seul mec."
Avec la retraite de Julian Alaphilippe, l'heure est au changement en équipe de France.
- "Très agréable" -
"Thomas est en train de construire un groupe autour de Paul pour les années futures, reprend Baudin. La sélection, ce n'est pas juste sur la puissance et les résultats. C'est aussi sur la capacité à travailler en équipe et avoir ce petit truc en plus pour se dépouiller pour un leader."
Voeckler explique: "je veux que Paul soit dans les meilleures dispositions. Je veux surtout que les autres coureurs sachent ce qu'ils ont à faire pour que chacun soit utile."
Pourtant, Seixas est encore très jeune et ne roule pas des mécaniques pour imposer sa loi.
"Il ne dit pas +c'est moi le leader, on fait ci, on fait ça+, rapporte Paret-Peintre. Il ne prend pas forcément une grande place dans le groupe comme pouvait le faire Julian (Alaphilippe) qui faisait vraiment vivre le groupe dans la joie et la bonne humeur. Mais c'est quelqu'un de très agréable."
Porté par cette dévotion totale, Seixas avoue ressentir un peu de pression. "C'est normal, dit-il, mais c'est plutôt la manière avec laquelle je vais m'imposer qui est importante. Je suis content de pouvoir être le leader de cette belle équipe, avec des bons mecs, et je suis prêt à tout donner pour aller chercher ce titre. Dimanche on peut faire quelque chose de beau."
H.Raes--JdB