JO-2026: Benvenuti au village olympique de Cortina, "fonctionnel" et cosy
La neige tombée en abondance recouvre les sommets découpés des Dolomites, et de timides rayons de soleil se mêlent aux derniers flocons au milieu des interminables rangées de mobil-homes. Au village olympique de Cortina, le décor, provisoire, est planté à la veille de la cérémonie d'ouverture des JO-2026.
Qui dit Jeux géographiquement éclatés dit villages olympiques au pluriel, à Milan mais aussi à Cortina, station-chic ayant déjà accueilli les Jeux en 1956. En 50 ans, la logique olympique a toutefois changé et la structure érigée au coeur de ce site, ayant autrefois abrité l'aéroport de Cortina, a vocation à ne laisser aucune autre trace que les 38 millions d'euros de sa construction.
En ce jeudi d'ouverture aux médias, l'entrée se fait sous un pré-fabriqué, et passé les contrôles de sécurité se présente la "Plaza" du village, endroit cosy où les délégations peuvent partager un café - italien évidemment - devant un écran géant diffusant les épreuves.
Puis une fois revenu en extérieur apparaissent les anneaux olympiques ainsi que les premières rangées de mobil-homes qui donnent un air de camping haut de gamme à ce site située à 1.300 m d'altitude, où s'affairent des ouvriers pour déneiger l'interminable allée centrale.
Si plus d'un millier de personnes, athlètes (de ski alpin, luge, bobsleigh, curling...) et encadrants, doivent y loger d'ici le 22 février, l'ambiance parait encore calme. Parmi la poignée d'athlètes a déambulé, la Canadienne Bianca Ribi se dit satisfaite.
"Les lits sont confortables. Les douches sont chouettes et chaudes... C'est plutôt bon. Et il y a plein de petites stations de café, j'adore!", déclare à l'AFP cette bobeuse originaire de Calgary qui vit ses premiers Jeux.
- "Fonctionnel" -
Lucas Defayet est un des neufs athlètes français à résider au village - les skieuses sont dans un hôtel à Cortina, au même titre que les stars américaines Lindsey Vonn ou Mikaela Shiffrin. Il est aussi "très content", notamment de l'intérieur de son mobil-home de 18m2 - il y en a près de 400 au total.
"J'attendais pas plus, en fait. C'est fonctionnel, tout est là pour performer le jour J, en soi j'ai pas de gros reproches", ajoute l'unique représentant tricolore en skeleton.
Tout comme Bianca Ribi, ce Breton de 28 ans loue les nombreux espaces de rencontres.
Dans l'ordre, Allemagne, Slovénie, Canada, Norvège, Suède... les premiers quartiers de mobil-homes défilent, organisés par nationalité, puis viennent en effet ces premiers espaces communs: cafés, salle de fitness, cantines, laveries...
"C'est sympa, on croise toujours du monde... Je suis très souvent avec les Suisses, les Américains ou les Canadiens. Au final, c'est une ambiance très conviviale", dit Lucas Defayet, devant son mobil-home du secteur 8, un peu après les Italiens, au coeur du village (secteur 6 sur 12).
"On se voit beaucoup à la cafétéria", souligne encore le Français, mais aussi sur "cette longue avenue, t'es forcément obligé de croiser les autres athlètes".
- Longues marches -
De longues marches avec lesquelles il faut composer en gardant en tête de ne pas perdre trop d'énergie, admet-il.
C'est d'ailleurs un point négatif mentionné par le porte-drapeau ukrainien Vladyslav Heraskevych, en fond de village.
"Ce sont mes troisièmes Jeux. J'aime l'atmosphère", dit d'abord à l'AFP celui qui, à 27 ans, rêve d'offrir une médaille en skeleton à son pays en guerre.
"Mais je dirais que c'est un peu moins bon qu'à Pyeongchang et Pékin. Et il faut marcher beaucoup, comme vous pouvez voir", ajoute-t-il.
Bianca Ribi partage ce ressenti, mais voit surtout les ennuis débuter une fois sorti du village olympique, pour rejoindre le centre de Cortina, où elle a déjà séjourné à deux reprises.
"On va dire que c'est pour le moins plus... chaotique. Il faut calculer les horaires des navettes, prendre nos bobs dans les bus, prévoir pour toute la journée, passer les contrôles de sécurité... C'est un peu plus stressant."
Sans doute y a-t-il aussi l'impatience d'entrer dans les Jeux, après la cérémonie d'ouverture de vendredi qui fait par avance briller les yeux.
Puis, dans 15 jours, viendra le temps de plier bagage et laisser place aux athlètes paralympiques, en mars (la moitié des mobil-homes sont prévus en ce sens). Avant le démontage total, "sans laisser de traces", a promis la société de livraison des ouvrages olympiques.
C.Bertrand--JdB