Journal De Bruxelles - La lutte contre l'EI, "priorité absolue", dit le chef de la diplomatie française

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La lutte contre l'EI, "priorité absolue", dit le chef de la diplomatie française
La lutte contre l'EI, "priorité absolue", dit le chef de la diplomatie française / Photo: LOUAI BESHARA - AFP

La lutte contre l'EI, "priorité absolue", dit le chef de la diplomatie française

La poursuite du combat contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) est une "priorité absolue" pour Paris, a affirmé le chef de la diplomatie française jeudi à Damas, où il a appelé les autorités syriennes à appliquer pleinement l'accord récemment conclu avec les Kurdes.

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Un message qu'il a de nouveau martelé à Bagdad où il a poursuivi sa tournée. Jeudi soir, il est attendu à Erbil.

"Depuis dix ans, la France s'est battue, a combattu sans relâche et sans pitié, les terroristes de Daech (acronyme de l'EI, NDLR) en Irak comme en Syrie", a déclaré Jean-Noël Barrot à l'issue d'un entretien avec son homologue syrien Assaad al-Chaibani. "Je suis venu réaffirmer cette priorité absolue de la France ici en Syrie", a-t-il ajouté.

"La lutte contre le terrorisme islamiste est l'objet principal de mon déplacement en Syrie et en Irak. Je suis venu en mission anti-Daech car la sécurité des Français et des Françaises se joue aussi ici", a-t-il ensuite dit à l'issue d'une entretien avec son homologue irakien Fouad Hussein.

Le ministre a "relevé le rôle majeur de l'Irak" dans ce domaine alors que le pays "prend en charge l'accueil de plusieurs milliers de détenus", enfermés dans les geôles syriennes.

Sa visite intervient à quelques jours d'une réunion de la coalition occidentale antijihadiste lundi à Ryad, en Arabie saoudite.

Les forces kurdes, qui étaient le fer de lance de la lutte antijihadiste, ont dû, sous la pression de Damas, se retirer de larges pans du nord du pays où se trouvent des prisons de jihadistes et des camps abritant leurs familles.

Les puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) doivent être intégrées au sein de l'armée syrienne.

Jean-Noël Barrot a souligné "l'implication personnelle" du président français Emmanuel Macron "pour éviter un bain de sang, pour faciliter un cessez-le-feu, pour qu'un accord soit trouvé" entre Damas et les Kurdes.

- Escalade avec l'Iran -

Il a estimé que la mise en œuvre de l'accord du 29 janvier "progresse" et indiqué qu'il rencontrerait le chef des forces kurdes, Mazloum Abdi, en Irak.

Selon une source au Quai d'Orsay, M. Barrot a appelé à la "pleine mise en œuvre de l'accord, notamment pour le respect des droits des Kurdes".

Si le ministre syrien n'a pas fait de déclaration à l'issue de l'entretien avec Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie irakienne a réaffirmé le soutien de Bagdad à l'accord de fin janvier, soulignant que l'instabilité en Syrie affectait "négativement" l'Irak, qui coopérera "avec la partie syrienne dans la poursuite de la lutte contre Daech".

L'accord a anéanti les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu'ils avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile qui a ravagé ce pays entre 2011 et 2024.

La tournée de Jean-Noël Barrot dans la région "vient de la conjonction de deux crises" : celle qui a eu lieu récemment dans le nord-est syrien, avec des affrontements entre les autorités de Damas et les FDS, et la menace toujours présente d'une escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran", a expliqué une source diplomatique française.

- Alliés de l'Iran -

En Irak, puis au Liban, Jean-Noël Barrot entend en outre apporter "une forme de réassurance" à des pays qui comptent sur leur sol des groupes alliés à l'Iran : les groupes armés chiites et le mouvement Hezbollah.

"Ces pays sont susceptibles d'être entraînés dans une escalade (...) il faut qu'on puisse évoquer avec ces deux pays (...) le défi que représente cette crise autour de l'Iran", avait expliqué une source diplomatique française.

L'Iran et les Etats-Unis doivent avoir des discussions vendredi au sultanat d'Oman, alors que Donald Trump a positionné dans la région une force de frappe navale et militaire considérable pour maintenir la pression sur Téhéran.

A Beyrouth, où Jean-Noël Barrot est attendu vendredi, il sera question de la poursuite du désarmement du Hezbollah, prévu dans l'accord de cessez-le-feu de fin 2024 conclu avec Israël.

Le ministre français évoquera la préparation de la conférence de soutien à l'armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure, prévue pour le 5 mars à Paris, dont l'objectif est d'apporter aide financière et équipements pour les renforcer dans leur mission de désarmement du mouvement.

T.Moens--JdB