Journal De Bruxelles - A Metz, le pape prône la paix et fustige la "tromperie" dans les relations internationales

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A Metz, le pape prône la paix et fustige la "tromperie" dans les relations internationales
A Metz, le pape prône la paix et fustige la "tromperie" dans les relations internationales / Photo: Alberto PIZZOLI - AFP

A Metz, le pape prône la paix et fustige la "tromperie" dans les relations internationales

Au dernier jour de sa visite en France, le pape a appelé l'Europe, lundi à Metz, à se dresser contre "le mensonge et la tromperie" dans des relations internationales "de plus en plus barbares", et plaidé pour la paix, même s'il faut "sacrifier certaines positions".

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Avant de regagner Rome en soirée, Léon XIV a effectué dans l'après-midi la dernière déambulation en "papamobile" de ce voyage - devant une foule plutôt modeste, sans commune mesure avec les marées humaines observées à Paris et à Lourdes. Il devait ensuite célébrer une messe dans la cathédrale Saint-Etienne de la cité lorraine, en présence du président Emmanuel Macron.

Auparavant, le pontife américain a tenu un discours aux accents politiques et diplomatiques - en l'absence remarquée de la plupart des dirigeants des 26 autres membres de l'UE, pourtant invités par l'Elysée.

Blâmant des "relations humaines, et entre les États, de plus en plus barbares", le pape a critiqué que l'on "se vante plutôt du mensonge et de la tromperie" et exhorté en conséquence l'Europe à "mettre fin à cette spirale grâce au respect de l'autre qu'elle a su cultiver et préserver".

Léon XIV n'a fait référence à aucun dirigeant ni à aucun pays, mais le premier pape américain entretient des relations notoirement mauvaises avec Donald Trump, qui l'a qualifié en avril de "nul" en politique étrangère.

Quand le président des Etats-Unis accuse l'UE d'avoir été créée pour "arnaquer" les Etats-Unis, le souverain pontife a rendu à Metz un hommage appuyé à Robert Schuman, l'un des pères de la construction européenne.

L'Europe doit retrouver "le courage de ses fondateurs (...) le courage pour ne pas céder au repli, à la haine de l'autre, au retour des nationalismes qui divisent", a lancé de son côté M. Macron.

"La paix, l'entraide, tout ce qu'il a souhaité, tout le monde le demande", a analysé de son côté Bernard Adam, 70 ans, rencontré lui aussi à la cathédrale. Pour lui, le pape devrait aller rencontrer "Trump et Poutine" car il "peut avoir une influence, faire avancer les choses".

- Dans le poste de pilotage -

Auparavant, le pape, aux côtés de représentants d'autres cultes, avait considéré que le discours religieux devait "désarmer les coeurs" et qu'invoquer Dieu pour "légitimer la violence ou l'oppression" équivalait à une "profanation".

Les représentants de différents cultes en France - islam, judaïsme, protestantisme, bouddhisme - ont signé un "Appel de Metz", déclaration commune appelant au dialogue interreligieux et à la paix.

Pour sa dernière journée en France, Léon XIV a fait le trajet entre Lourdes et Metz escorté par deux avions de l'armée de l'Air et a passé une demi-heure dans le poste de pilotage de l'A321 d'Air France.

- 1,3 million de fidèles -

 

Lors de ce premier séjour en France, pays d'où est originaire sa grand-mère, Robert Francis Prevost a lancé plusieurs appels à la paix, à défendre la dignité des exilés et à contrôler l'intelligence artificielle en se méfiant de l'avènement d'un "paradis de machines".

Très attendu sur la question des violences sexuelles dans l'Eglise, le pape a clairement appelé, dimanche à Lourdes, les évêques français à "poursuivre" leur action face au "fléau" des violences sexuelles "en maintenant la plus grande vigilance". Il a rencontré pendant deux heures à huis clos plusieurs victimes.

Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France: Léon XIV, souriant et chaleureux, a attiré d'immenses foules sur son passage, signe d'une popularité affirmée 16 mois après son élection à la tête de l'Eglise catholique. Selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont déjà venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche.

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E.Goossens--JdB