Journal De Bruxelles - Champagne: une vendange à haut potentiel qui pourra dépasser les 13% d'alcool

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Champagne: une vendange à haut potentiel qui pourra dépasser les 13% d'alcool
Champagne: une vendange à haut potentiel qui pourra dépasser les 13% d'alcool / Photo: Jean-Christophe VERHAEGEN - AFP/Archives

Champagne: une vendange à haut potentiel qui pourra dépasser les 13% d'alcool

Avec sa précocité liée aux conditions climatiques et une autorisation inédite de commercialisation de bouteilles plus alcoolisées, la vendange 2026 en Champagne est "hors-normes" selon l'interprofession, qui souligne "un potentiel de très grands vins".

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Mais cette vendange exceptionnelle, marquée par des gels précoces puis par les vagues de chaleur et la sécheresse, pourrait devenir "la norme" en raison du changement climatique, qui pousse les vignerons à s'adapter, a souligné le Comité Champagne.

Pour la première fois, le Comité a annoncé avoir obtenu une dérogation temporaire à son cahier des charges qui autorisera la commercialisation de bouteilles de champagne titrant à plus de 13% d'alcool.

Cela devrait permettre aux "quelques vignerons" dont le raisin récolté présente d'ores et déjà un degré élevé d'alcool, de produire des vins allant jusqu'à 15% d'alcool, et ce même après une éventuelle chaptalisation, c'est-à-dire l'ajout de sucres lors du processus de double fermentation du champagne.

L'impact de cette dérogation devrait rester limité, estime l'interprofession, selon qui la teneur en alcool de la vendange est en-dessous de 12° en moyenne à l'échelle du vignoble.

Même s'il reconnaît qu'"il est encore trop tôt pour qualifier définitivement les vins issus de la vendange 2026", le Comité Champagne a souligné lors d'une conférence de presse que les raisins récoltés cette année rappellent "plusieurs grands millésimes historiques du XXe siècle".

- Faible rendement -

Ainsi, la récolte de 2026 présente "un potentiel de très grands vins", précise-t-il dans un communiqué.

Il s'agit d'une "vendange complètement hors normes", autant par "sa précocité" que par la qualité du raisin récolté, a estimé Sébastien Debuisson, directeur des services techniques du Comité Champagne.

Le rendement agronomique est quand à lui resté bien en-deça des dernières années, à environ 7.000 kg par hectare, a souligné Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons et coprésident du comité Champagne. En 2025, il s'était élevé à 9.900 kg par hectare.

Ce chiffre s'explique par des conditions climatiques difficiles: des "épisodes de gel de printemps d'une intensité historique, une floraison très précoce et cinq épisodes de canicule pendant l'été", détaille le Comité Champagne.

Les vendanges 2026 ont aussi été les plus précoces jamais observées en Champagne, avec de premiers coups de sécateurs dès le 6 août et une "généralisation de la récolte" le 17 août, deux semaines plus tôt qu'en 2025, année déjà précoce, selon le comité.

Début août, les vignes ont "en une semaine pris trois semaines de maturité", probablement en raison de la durée de l'ensoleillement et des vagues de chaleur, a souligné Sébastien Debuisson.

- "Prévoir l'avenir" -

En raison du changement climatique, "sûrement que cette vendange exceptionnelle sera la norme dans une dizaine d'années, une quinzaine d'années", reconnaît Maxime Toubart, soulignant qu'elle "doit faire réfléchir à la Champagne de demain".

Il rappelle aussi que les vignerons champenois ont "adapté (leurs) pratiques" au cours des dernières décennies, évoquant notamment la baisse de densité des plantations de vignes ou encore le développement de cépages résistants, afin de "prévoir l'avenir en termes de climat".

"L'ambition est de continuer à produire du champagne en Champagne" et pour cela, "on ne doit pas baisser la garde sur la recherche et l'innovation", a-t-il martelé.

Horaires adaptés, récoltes de nuit, ou modernisation technologique à l'aide d'appareils capables de récolter des grappes de raisin entières pour limiter le travail manuel des vendangeurs, particulièrement pénible lors de canicules: de nombreuses pistes sont étudiées, a souligné David Chatillon, président de l'Union des maisons de champagne et coprésident du Comité Champagne.

La baisse du rendement agronomique ne devrait cependant pas empêcher le vignoble d'atteindre le quota commercialisable, fixé cette année à 8.800 kg/hectare.

En effet, le champagne étant majoritairement un vin d'assemblage, "lorsqu'on fait face à un déficit de récolte (...) les quantités (manquantes) sont sorties de la réserve interprofessionnelle et en général, au kilo près, on atteint le volume qu'on a décidé" de commercialiser, détaille David Chatillon.

P.Claes--JdB