Journal De Bruxelles - Le RN dans la tourmente après les propos racistes d'un policier, membre de son service d'ordre

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Le RN dans la tourmente après les propos racistes d'un policier, membre de son service d'ordre
Le RN dans la tourmente après les propos racistes d'un policier, membre de son service d'ordre / Photo: Fred TANNEAU - AFP/Archives

Le RN dans la tourmente après les propos racistes d'un policier, membre de son service d'ordre

Le Rassemblement national veut frapper vite et fort: après la diffusion d'une vidéo dans laquelle un policier municipal de Carcassonne encarté au RN tient des propos racistes et complotistes dénoncés de toutes parts, le parti d'extrême droite a annoncé mercredi son exclusion.

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"Ils roulent vite, ces bougnes, hein? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd'hui une voiture...", déclare sur ces images rendues publiques mardi soir par le quotidien Midi Libre l'agent de la police municipale de Carcassonne.

Les propos racistes, accidentellement captés en novembre 2025 par la caméra piéton d'une patrouille, ont conduit le parquet de Carcassonne à ouvrir une enquête, a-t-il confirmé mercredi à l'AFP sans préciser quand les investigations avaient démarré.

Le policier membre du RN, s'il n'est pas le seul du groupe à prononcer des injures racistes et remarques sexistes ou complotistes, est celui qui en profère le plus.

La direction du RN, qui a condamné "avec la plus grande fermeté" ces propos "pénalement répréhensibles" dans un communiqué, a affirmé avoir "immédiatement procédé à sa radiation des effectifs du service d'ordre ainsi qu'à son exclusion du Rassemblement national".

- "Inacceptables" -

Le policier, désigné comme "chef" par l'un de ses collègues, a notamment assuré la protection du président du RN, Jordan Bardella, lors d'un déplacement à Carcassonne en février qui visait à soutenir Christophe Barthès, alors candidat du parti à la mairie, qui a ensuite remporté le scrutin.

La mairie de Carcassonne a dénoncé mercredi dans un communiqué des propos "inacceptables" tenu par ses agents, soulignant toutefois que la vidéo avait été tournée "sous la précédente municipalité".

"Des procédures seront engagées et les sanctions seront à la hauteur de la gravité des faits", a-t-elle ajouté.

En arrêt maladie après la diffusion de la vidéo en interne, le principal incriminé a repris du service en mars.

Après l'appel d'une administrée qui dit avoir percuté un animal avec sa voiture, l'un des policiers de la patrouille s'inquiète: "J'espère que c'est pas un gamin, ou quelqu'un, qu'elle a percuté."

L'agent encarté au RN lui répond en plaisantant: "Non, c'est peut-être un migrant, un petit Kirikou", avant d'ajouter en imitant un accent africain: "Kirikou dans la savane, il est percuté, il est venu en France, il est percuté par un véhicule."

Après avoir visionné une vidéo sur la guerre d'Algérie, il commente: "Et alors On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! Et eux, combien de soldats-ils ont niqué ? (...) Après, où commence la torture ?"

Il critique aussi les discours anticolonialistes, évoquant le fait historique selon lequel certains peuples africains ont contribué à l'asservissement par les Européens d'autres peuples. "Entre tribus, ils se vendaient, ces singes", lance-t-il.

- Avalanche de réactions -

L'émergence de cette vidéo a provoqué mercredi une avalanche de réactions indignées, du gouvernement aux partis principalement du centre et de la gauche.

La ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé sur RMC des propos "absolument inacceptables" et regretté "une libération de la parole raciste" en France.

"Voilà à quoi ressemblerait une France dirigée par le RN. La haine désinhibée et encouragée, y compris là où on doit attendre de la justice et de la sécurité", a fustigé le candidat Renaissance à la présidentielle, Gabriel Attal.

"Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le Rassemblement national ouvrent les yeux: rien n'a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme", a lancé le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard.

Dans la vidéo, le policier relaie également, dans une tirade homophobe, la théorie complotiste selon laquelle Brigitte Macron serait une personne trans. "On essaye de cacher ça au monde entier", dit-il.

"Il nous manque un général avec une grosse paire de couilles (...) Un petit coup d'Etat, une petite dictature en France, ça ne ferait pas de mal", ajoute l'un de ses collègues.

Aurore Bergé dénonce une atmosphère "qui devient irrespirable pour beaucoup de Français (...) si, en permanence, on les ramène à une part d'eux-mêmes, à leur origine, à leur couleur de peau, à leur identité, à leur religion".

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J.F.Rauw--JdB