Journal De Bruxelles - Le président birman en Chine pour renforcer les liens commerciaux

Euronext
AEX -0.52% 1075.52
BEL20 -0.93% 5683.73
PX1 0.4% 8384.01
ISEQ 0.29% 13530.98
OSEBX -1.74% 1960.56 kr
PSI20 -0.52% 9046.15
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK -1.93% 4216.55
N150 0.4% 4284.17
Le président birman en Chine pour renforcer les liens commerciaux
Le président birman en Chine pour renforcer les liens commerciaux / Photo: Handout - Bureau de presse et d'information de la présidence birmane/AFP

Le président birman en Chine pour renforcer les liens commerciaux

Le président birman Min Aung Hlaing est arrivé lundi à Pékin où il rencontrera son homologue Xi Jinping, selon un média officiel, le pays d'Asie du Sud-Est souhaitant renforcer ses liens commerciaux avec son puissant voisin.

Taille du texte:

La Chine est un important partenaire de la Birmanie, diplomatiquement isolée depuis le coup d'Etat militaire de 2021 au cours duquel Min Aung Hlaing, alors chef des armées, a renversé le gouvernement élu d'Aung San Suu Kyi.

Les relations se sont détériorées ces dernières années en raison de la multiplication des centres d'escroquerie en ligne le long des zones frontalières communes des deux pays, qui recrutent et ciblent des citoyens chinois dans le cadre d'escroqueries lucratives liées aux cryptomonnaies, selon des analystes.

Mais le premier projet de loi présenté par les nouveaux élus birmans prévoit la peine de mort pour ceux qui détiennent des victimes ou les contraignent par la violence à travailler dans des centres d'escroquerie, ce qui témoignerait de la volonté du pays d'enrayer ce fléau.

Le dirigeant birman a prêté serment en tant que président en avril, prolongeant sa présence à la tête du pays dans un rôle civil. Il s'agit de son deuxième déplacement officiel dans ses nouvelles fonctions, après un voyage en Inde.

La Chine s'est imposée comme un acteur clé dans la guerre civile déclenchée par le coup d'Etat, selon des analystes, apportant tour à tour son soutien à l'armée, aux rebelles et aux trêves conclues entre eux, en fonction de ses intérêts sécuritaires et économiques.

Selon les images diffusées par son cabinet, Min Aung Hlaing a été accueilli à son arrivée avec tous les honneurs et a consacré les premières heures de son voyage de cinq jours à visiter la Cité aérospatiale de Pékin, centre névralgique du programme spatial chinois.

Durant son séjour, outre Xi Jinping, il doit également s'entretenir avec le Premier ministre Li Qiang.

- "Coopération stratégique" -

La Chine espère profiter de cette visite pour "perpétuer l'amitié traditionnelle" bilatérale et "approfondir la coopération stratégique globale", a déclaré vendredi Lin Jian, un porte-parole de la diplomatie chinoise.

Min Aung Hlaing visitera par ailleurs des entreprises spécialisées dans les hautes technologies et participera à une conférence économique, selon les médias officiels birmans.

La Chine a des investissements importants et fournit de l'aide militaire à la Birmanie, avec laquelle elle partage une frontière longue de 2.100 kilomètres.

Si la guerre civile a considérablement appauvri la Birmanie, le pays s'est néanmoins imposé comme l'un des principaux fournisseurs mondiaux de terres rares extraites, indispensables à la production chinoise de technologies liées aux énergies renouvelables.

La visite de Min Aung Hlaing intervient quelques jours après l'interpellation en Chine d'un citoyen américain. Analyste auprès d'un centre de réflexion spécialisé sur la Birmanie, il est soupçonné d'espionnage.

Min Zin est membre fondateur de l'Institute for Strategy and Policy - Myanmar (ISP-M), qui étudie les dynamiques politiques, les ressources et les conflits en Birmanie.

Il a été placé sous "mesures coercitives", a indiqué vendredi Lin Jian, une formule généralement synonyme de privation de liberté.

Depuis le coup d'Etat de 2021, l'armée birmane affronte une mosaïque de factions rebelles.

La Chine soutient à la fois les groupes d'opposition et la junte, à une échelle variable en fonction de ses intérêts économiques et sécuritaires, selon des analystes.

Après cinq années de régime autoritaire, la junte de Min Aung Hlaing a organisé des législatives en décembre et janvier.

Pékin a aussi ouvertement soutenu ces élections qui ont pourtant exclu le parti de Suu Kyi, en sanctionnant la dissidence par des peines de prison et en assurant une victoire sans opposition aux députés pro-militaires, qui ont élu Min Aung Hlaing à la présidence.

De nombreux pays et observateurs internationaux ont dénoncé une manoeuvre de transfert du pouvoir de l'armée à elle-même sur le plan civil.

W.Baert --JdB