Journal De Bruxelles - Le retour du prince Harry au Royaume-Uni relance le débat sur sa protection

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Le retour du prince Harry au Royaume-Uni relance le débat sur sa protection
Le retour du prince Harry au Royaume-Uni relance le débat sur sa protection / Photo: HENRY NICHOLLS - AFP/Archives

Le retour du prince Harry au Royaume-Uni relance le débat sur sa protection

Le contribuable britannique doit-il payer pour la sécurité du prince Harry? Le retour au Royaume-Uni du fils cadet du roi et de sa famille ravive les interrogations autour de la protection à leur accorder, face à des risques qui semblent bien réels selon des experts.

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Le duc de Sussex, arrivé la semaine dernière avec sa femme Meghan et ses deux jeunes enfants en provenance des Etats-Unis où ils étaient installés depuis six ans, avait dans le passé exclu tout retour dans son pays, évoquant des raisons de sécurité.

Le couple a renoncé en 2020 à ses obligations royales et quitté avec fracas le Royaume-Uni. Harry a ensuite engagé une bataille en justice pour récupérer la protection prise en charge par l'Etat dont il bénéficiait quand il était membre actif de la famille royale. Sans succès.

La commission chargée de la protection des personnalités publiques et royales (Ravec) avait estimé que la question de la sécurité sur le sol britannique de Harry --qui vivait alors aux Etats-Unis-- devait être évaluée au cas par cas et n'était plus systématique.

Mais son retour, avec Meghan, leur fils Archie (7 ans) et leur fille Lilibet (5 ans), change la donne. Selon les médias, Harry a demandé au gouvernement d'intervenir pour assurer une protection policière pour lui et sa famille, alors qu'ils font pour l'instant appel à des agents de sécurité privés.

Cette situation "est très surprenante", estime Scott Hamer, ancien officier chargé de la protection du roi Charles III lorsqu'il était prince de Galles, interrogé par l'AFP.

"Il y a probablement aujourd'hui des personnes bénéficiant d'une protection qui sont moins exposées aux menaces et aux risques que lui. La question est donc de savoir pourquoi il ne bénéficie pas lui aussi de cette protection", juge-t-il.

- "Vulnérable" -

Harry a toujours soutenu que lui et sa famille étaient exposés, en raison de son statut de fils du roi mais aussi de son passé militaire.

Le prince, qui a effectué deux missions en Afghanistan, avait affirmé dans ses mémoires parues en 2023, Le Suppléant (Spare), avoir tué 25 combattants talibans.

Cette révélation très médiatisée avait suscité des critiques de la part d'anciens militaires britanniques, qui avaient souligné qu'elle risquait notamment d'accroître les menaces pesant sur sa sécurité personnelle.

S'ils restent discrets sur leur installation, Harry et Meghan auraient selon les médias choisi de vivre dans les Cotswolds, région bucolique du centre de l'Angleterre prisée des célébrités, où ils auraient inscrit leurs enfants dans une école privée.

"Le fait qu'il doive emmener ses enfants à l'école à la même heure chaque jour et les récupérer à la même heure le rend désormais assez vulnérable", commente Scott Hamer.

Harry, quand il avait en 2025 échoué à faire annuler en justice la décision de la commission Ravec le privant de protection policière systématique, avait dénoncé un "bon vieux coup de l'establishment".

La commission devra vraisemblablement réévaluer le niveau de la menace à laquelle il est confronté au Royaume-Uni.

"Elle est bien réelle", juge Scott Hamer, estimant qu'elle va du "terrorisme international" à l'extrémisme de droite, en raison de son mariage avec Meghan qui est métisse.

- "Proportionné" -

Un porte-parole du gouvernement a défendu un système de protection "rigoureux et proportionné", tout en rappelant sa politique de longue date consistant à ne pas divulguer les détails des dispositifs de sécurité.

Harry réclamerait notamment une protection policière parce que les agents de sécurité privés au Royaume-Uni n'ont pas le droit d'être armés.

"Il estime que la menace pesant sur lui est telle qu'elle ne peut être traitée que par une équipe officielle de protection policière", explique à l'AFP Simon Morgan, lui aussi ancien officier de protection.

L'opinion publique britannique semble moins convaincue. Selon un sondage réalisé la semaine dernière pour The i Paper, seuls 6% des Britanniques estiment que la sécurité du couple devrait être intégralement financée par les contribuables, tandis que 63% pensent qu'ils devraient en assumer eux-mêmes le coût.

"Il a payé pour sa sécurité aux États-Unis. Je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas la financer ici, c'est beaucoup moins dangereux", estime l'expert royal Andrew Lownie, qui pense toutefois que Harry finira par obtenir le rétablissement d'une partie de sa protection financée par l'État.

Selon Scott Hamer, le fait qu'Harry soit ou non un membre actif de la famille royale "ne devrait pas entrer en ligne de compte". Il rappelle que les anciens chefs de gouvernement continuent à bénéficier d'une protection après leur départ du pouvoir.

H.Dierckx--JdB