Mondial-2026: Dembélé a bien changé
Entre blessures récurrentes et irrégularité, Ousmane Dembélé n'a pas ébloui l'Espagne durant ses six saisons passées au FC Barcelone (2017-2023), mais trois ans après son départ, c'est dans la peau d'un poids lourd des Bleus qu'il va se frotter à la Roja, mardi en demi-finale du Mondial.
Malgré quelques coups d'éclat et un palmarès plutôt bien garni (3 Championnats, 2 Coupes), le Ballon d'Or 2025 n'a pas laissé un souvenir impérissable de l'autre côté des Pyrénées. Nul doute que le N.7 rêve tout bas d'être le fossoyeur des ambitions espagnoles dans cette Coupe du monde, ce qui serait un joli pied de nez après les moments si compliqués passés chez le voisin ibérique.
La perspective n'a rien d'irréaliste au vu de la nouvelle dimension prise par le joueur au PSG et la place centrale qui est désormais la sienne en équipe nationale après avoir longtemps occupé une position subalterne.
Il est loin cet attaquant guère conscient des exigences du haut niveau, raillé pour son manque de professionnalisme et son incapacité à sortir des performances dignes de son immense talent.
Arrivé à seulement 20 ans en Catalogne en août 2017 en provenance du Borussia Dortmund pour une somme astronomique (145 millions d'euros) avec la mission délicate de faire oublier le transfert de Neymar au PSG, Dembélé a raté au total 144 matches avec le Barça en raison de pépins physiques divers pour un bilan comptable assez maigre (40 buts en 185 rencontres, toutes compétitions confondues). Un gâchis.
En bleu, l'attaquant formé à Rennes mettra également beaucoup de temps avant de s'imposer. Sacré champion du monde en 2018 dans un rôle de remplaçant, il ne convainc guère les années suivantes alors que Kylian Mbappé, de deux ans son cadet, éblouit la planète.
- "J'ai confiance en lui" -
Le tournant dans l'évolution de sa carrière s'opère avec son transfert au PSG à l'été 2023. A Paris, Luis Enrique lui confie les clés de son équipe avec une liberté totale, dans une fonction hybride entre ailier droit, meneur de jeu et faux avant-centre. Le succès est éclatant et les deux campagnes victorieuses en Ligue des champions (2025, 2026) ainsi que le gain du Ballon d'Or en 2025 vont faire définitivement entrer "Dembouz" dans la cour des grands.
Pour parachever sa mue, encore fallait-il qu'il devienne aussi un élément majeur de l'équipe de France. C'est chose faite avec la Coupe du monde 2026. A 29 ans, Dembélé (65 sélections, 12 buts) fait enfin partie des leaders bleus, formant avec Kylian Mbappé et Michael Olise un redoutable trio en attaque.
Muet jusqu'ici dans les quatre phases finales disputées avec les Tricolores avant ce Mondial, il compte déjà cinq réalisations et a fait taire toutes les critiques.
Didier Deschamps ne l'a jamais lâché, défendant bec et ongles l'ancien Rennais, très à l'aise aux États-Unis dans le schéma tactique offensif en 4-2-3-1 élaboré par le sélectionneur.
"Il n'y a pas de souci avec Ousmane. Il doit se réadapter à un système dans lequel il ne joue pas toute l'année. J'ai confiance en lui. Il ne doute pas. C'est un joueur décisif. +Ous+ a cette capacité. C'est très bien pour lui et l'équipe de France surtout", a expliqué Deschamps après le premier but du Parisien contre l'Irak au premier tour (3-0), le 22 juin à Philadelphie.
Qualifié pour la troisième fois d'affilée pour les demi-finales après 2018 et 2022, Dembélé est au sommet de son art, prêt à gâcher l'été des supporteurs espagnols.
"C'est exceptionnel. Je me sens très bien dans cette position que je connais parfaitement. Je monte en puissance dans cette compétition. Je suis content de mes performances même si je peux faire mieux. Mais c'est l'équipe avant tout. On est concentré sur l'objectif et on va essayer d'aller au bout", a-t-il déclaré jeudi après le succès face au Maroc en quart de finale (2-0).
W.Dupont--JdB