Mondial-2026: Mbappé sort les Bleus du piège paraguayen, retrouvailles en quart avec le Maroc
Il aura fallu un penalty de Kylian Mbappé, son septième but du Mondial, pour soulager des Bleus qui se sont longtemps heurtés à la rugueuse défense du Paraguay avant de s'imposer (1-0) samedi et prendre rendez-vous avec le Maroc en quarts du Mondial.
. La France dit ouf, comme en 1998
On avait annoncé des orages sur Philadelphie, et même peut-être des éclairs de l'attaque française. Il n'y eut rien de tout cela, mais beaucoup de tension dans ce fidèle remake du 8e de finale de 1998, tant les Paraguayens ont usé et abusé de provocations, d'actes d'antijeu, de rudes coups vicieux portés, et aussi d'un savoir-faire défensif pour tenter de frustrer et énerver les Bleus.
Et 28 ans plus tard, ce n'est évidemment pas de Laurent Blanc qu'est venue la lumière comme ce fut le cas à Lens avec son but en or dans la prolongation, mais de Kylian Mbappé qui a su garder son sang-froid malgré les nombreux coups de chaud, pour transformer le pénalty obtenu par l'entrant Désiré Doué, fauché dans la surface en plein slalom (70e).
"On savait quel type de match on allait avoir. On a montré qu'on n'était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif. S’il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde. Nous aussi, nous savons faire un sale football. Et même à ce jeu-là, on a été meilleurs qu'eux", a réagi le capitaine des Bleus.
Mbappé, qui rejoint Lionel Messi en tête du classement des buteurs (7) et se rapproche à une unité du total record de l'Argentin en Coupe du monde (19/20), a bien failli faire mieux dans une fin de match un peu plus propice, quand leurs adversaires devaient enfin se montrer. Mais Orlando Gill a sorti trois parades et ses coéquipiers, à défaut d'enfin jouer, ont un peu plus pourri la rencontre, à l'image de Matias Galarza, qui a failli faire sortir de ses gonds Michael Olise, un des trois Français averti avec Manu Koné et Bradley Barcola, quand aucun Paraguayen n'a pris de carton jaune.
"C'est nous qui nous faisons sanctionner...", a déploré Didier Deschamps après coup, soulignant aussi le traitement réservé à Mbappé dans des derniers instants très électriques. "J'ai demandé aux deux plus costauds des joueurs sur le banc qu'ils aillent tout de suite le protéger à la fin parce qu'on ne sait jamais", a-t-il dit.
Satisfait de "cette étape de passée", le sélectionneur a cinq jours pour préparer sereinement les retrouvailles avec l'ambitieux Maroc que la France avait éliminé en demies au Qatar.
. Ounahi met le Maroc en orbite
Favoris à Houston, les Lions de l'Atlas ont comme prévu réussi leur décollage vers les quarts, laissant sur le carreau le Canada, lors d'un second acte maîtrisé qui a viré à la correction.
Azzedine Ounahi a ouvert le score d'une frappe placée, après une combinaison avec Hakimi sur un coup franc excentré (50e). Le milieu offensif marocain y est allé d'un doublé, au bout d'un contre rondement mené (82e) après une offrande de Brahim Diaz. Ce dernier a réussi une autre passe décisive dans le temps additionnel pour Soufiane Rahimi (90+8).
La qualification marocaine a été ternie par la sortie sur blessure de l'attaquant Ismael Saibari, révélation du tournoi et nouvelle recrue du Bayern Munich. Et son capitaine Achraf Hakimi a écopé d'un carton jaune, qui le met sous la menace d'une suspension s'il en prend un autre.
En attendant, après avoir éliminé les Pays-Bas au bout de l'effort et aux tirs au but en 16es, les Lions de l'Atlas se montrent pour l'heure à la hauteur des espérances nées de leur parcours épatant jusqu'en demi-finale au Mondial-2022.
"On n'est plus une surprise aujourd'hui et c'est une grande fierté. Je pense que ce n'est que le début et j'espère qu'on continuera de longues années à faire de tels parcours", a réagi le sélectionneur Mohamed Ouahbi.
Premier des trois coorganisateurs éliminé dans cette édition, au bout d'un parcours qui l'aura enfin vu dépasser la phase de groupes en trois participations, le Canada peut lui sortir la tête haute.
. L'Angleterre retrouve l'Azteca, Ronaldo l'Espagne
Dimanche, les 8es se poursuivent avec du lourd.
L'Angleterre a un gros défi à relever face au Mexique qui n'a pas encore pris de but, dans un stade Azteca en fusion juché à 2.240 m d'altitude. L'air pourrait manquer pour Harry Kane et les siens sur une pelouse où le fantôme de Diego Maradona risque de roder 40 ans après "la main de Dieu" et "le but du siècle" qui terrassèrent leurs aînés.
A East Rutherford, près de New York, une autre affiche s'annonce passionnante, opposant le Brésil de Vinicius Jr à la Norvège d'Erling Haaland.
H.Dierckx--JdB