Journal De Bruxelles - Les gaz à effet de serre ont atteint des concentrations records en 2025, selon l'ONU

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Les gaz à effet de serre ont atteint des concentrations records en 2025, selon l'ONU
Les gaz à effet de serre ont atteint des concentrations records en 2025, selon l'ONU / Photo: MARK WILSON - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Les gaz à effet de serre ont atteint des concentrations records en 2025, selon l'ONU

Les concentrations de gaz à effet de serre, principal moteur du changement climatique, ont atteint un niveau record en 2025 et ont continué d'augmenter cette année, vouant la planète à "un avenir plus chaud", a averti mardi l'ONU.

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Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote - les trois plus importants gaz à effet de serre persistants liés aux activités humaines - ont battu des records l'an dernier.

"Une nouvelle année, un nouveau record. Les gaz à effet de serre retiennent une quantité de chaleur sans précédent dans l'atmosphère, ce qui alimente l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes et les risques qui en découlent pour nos économies et nos sociétés", a observé la secrétaire générale adjointe de l'OMM, Ko Barrett.

"Ces 11 dernières années ont été les plus chaudes jamais observées, et cette tendance devrait se poursuivre. Le CO2 a une durée de vie très longue et aura donc un impact sur le climat mondial non seulement pendant des années, mais aussi pendant des décennies, voire des siècles", a-t-elle ajouté.

Le bulletin annuel de l'OMM sur les gaz à effet de serre est publié à l'approche de la COP31, la conférence des Nations unies sur le climat, prévue du 9 au 20 novembre à Antalya, en Turquie. Il porte sur les concentrations de gaz accumulées dans l'atmosphère, et non sur les nouvelles émissions annuelles.

- El Niño -

Environ la moitié du CO2 émis chaque année demeure dans l'atmosphère, l'autre moitié étant absorbée par les écosystèmes terrestres et les océans.

Selon l'OMM, la concentration moyenne mondiale de CO2 en 2025 atteignait 426,8 parties par million (ppm), soit 153 % du niveau préindustriel de 1750.

Les données "montrent que les niveaux de CO2 continuent d'augmenter en 2026", a indiqué Mme Barrett aux journalistes à Genève.

"Chaque ppm supplémentaire a son importance, car elle retient davantage de chaleur. En somme, nous sommes en train de surcharger l'océan et l'atmosphère", a-t-elle dit.

Responsable d'environ 66 % de l'effet de réchauffement dû aux gaz à effet de serre persistants, le CO2 voit son taux d'accroissement tripler depuis les années 1960.

Entre 2024 et 2025, sa concentration moyenne mondiale a augmenté de 2,8 ppm, au-dessus de la moyenne décennale, mais moins que la hausse exceptionnelle observée entre 2023 et 2024.

Cette hausse plus modérée l'an dernier s'explique notamment par "la réduction des émissions de carbone liées aux incendies en 2025, après le puissant épisode El Niño de 2023/24", selon Oksana Tarasova, chargée scientifique principal de l'OMM.

Une augmentation annuelle de 2,8 ppm représente toutefois un "apport considérable" de carbone issu des combustibles fossiles.

Oksana Tarasova prévient que "l'actuel épisode El Niño aura assurément un impact sur le CO2", les sécheresses et les incendies réduisant l'absorption du carbone par les écosystèmes terrestres.

- Méthane et protoxyde d'azote -

La concentration moyenne mondiale de méthane (CH4) en 2025 était de 1.948 parties par milliard (ppb), soit 267 % du niveau de 1750. Responsable d'environ 16 % de l'effet de réchauffement du climat, sa durée de vie est inférieure à celle du CO2.

Environ 35 % des rejets de CH4 dans l'atmosphère proviennent de sources naturelles, telles que les zones humides, qui sont elles-mêmes sensibles au climat.

Les 65 % restants sont liés aux activités humaines, notamment l'élevage de bétail, la riziculture, l'exploitation des combustibles fossiles, les décharges et la combustion de biomasse.

Le protoxyde d'azote (N2O), troisième plus important gaz à effet de serre persistant, provient de sources naturelles et d'activités humaines, notamment la combustion de biomasse, l'utilisation d'engrais et divers processus industriels. Sa concentration moyenne mondiale a atteint 339,1 ppb en 2025, soit 126 % du niveau de 1750.

Le bulletin attire aussi l'attention sur deux gaz puissants mais moins abondants, liés à la production et à la distribution d'électricité, l'hydrogène moléculaire (H2) et l'hexafluorure de soufre (SF6), et dont les concentrations augmentent.

"Pourquoi devrions-nous nous en inquiéter ? Parce que le SF6 a une durée de vie atmosphérique pouvant atteindre 3.200 ans. Son potentiel de réchauffement global est plus de 24.000 fois supérieur à celui du CO2", a averti Mme Barrett.

B.A.Bauwens--JdB