Santé mentale au travail: les eurodéputés réclament de nouvelles règles dans l'UE
Les eurodéputés ont adopté mardi un rapport exigeant des mesures spécifiques dans l'Union européenne contre le burn-out et pour protéger la santé mentale au travail, soulignant notamment l'importance du droit à la déconnexion.
Le rapport a été adopté par 413 voix pour, 210 voix contre et 29 abstentions lors de la session plénière à Strasbourg.
"La balle est désormais dans le camp de la Commission (...) qui dispose d'une occasion unique pour renforcer la prévention et la protection des travailleurs victimes de ce fléau (...)", a réagi sa rapportrice, l'eurodéputée belge Estelle Ceulemans (S&D, gauche).
Les risques psychosociaux, et notamment le stress, l'épuisement professionnel et l'anxiété, comptent parmi les problèmes de santé liés au travail les plus fréquemment signalés dans l'Union européenne, souligne le rapport.
Selon l'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (OSHA), 44% des travailleurs déclarent être exposés à une forte pression temporelle ou à une surcharge de travail.
"On est face à un absentéisme important, face à des pénuries de travailleurs dans des secteurs clés, face à des décès parfois (...)", a déclaré l'élue lors d'un débat lundi soir, estimant "urgent" de renforcer le cadre réglementaire européen "qui date de 1989" et ne contient aucun disposition spécifique sur les risques psychosociaux.
Le texte appelle entre autres à ce que les maladies qui sont liées soient reconnues comme des maladies professionnelles et vise une politique de tolérance zéro face aux violences et au harcèlement au travail.
Il insiste aussi sur le droit des travailleurs à se déconnecter et exige une évaluation régulière des effets de la numérisation du travail sur la santé mentale.
Les outils numériques et l'intelligence artificielle augmentent la surveillance automatisée et l'intensité du travail. Les canicules et phénomènes météorologiques extrêmes ajoutent encore de la pression, selon le rapport.
La commission a lancé une feuille de route pour des emplois de qualité (Quality Jobs Act) qui aborde aussi ces questions et dont les résultats seront présentés à la fin de cette année, a rappelé lundi lors du débat la commissaire à l'Education, aux Emplois de qualité et aux Droits sociaux Roxana Mînzatu.
"Nous devons veiller à avoir des règles et à les faire respecter pour que les risques mentaux pour les travailleurs soient identifiés", a-t-il dit.
Et il faut aussi permettre aux entreprises d'être compétitives, a-t-elle pointé soulignant qu'une éventuelle législation devra aider "à la fois les travailleurs et notre économie".
H.Dierckx--JdB