Journal De Bruxelles - Agenda chargé jeudi pour la rencontre entre Macron et Milei

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Agenda chargé jeudi pour la rencontre entre Macron et Milei
Agenda chargé jeudi pour la rencontre entre Macron et Milei / Photo: Kenzo TRIBOUILLARD - AFP

Agenda chargé jeudi pour la rencontre entre Macron et Milei

UE, ONU, Malouines, métaux critiques : la rencontre entre Emmanuel Macron et son homologue argentin ultralibéral Javier Milei promet d'être franche jeudi sur les enjeux diplomatiques, mais plus avenante sur le Mercosur et les investissements miniers.

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"Nous avons des inspirations politiques différentes, pour dire le moins, avec le président Milei", concède l’Élysée, où les deux dirigeants se retrouveront en fin d'après-midi pour un entretien bilatéral suivi d'un échange avec des acteurs économiques.

Javier Milei, qui avait reçu son homologue français à Buenos Aires en novembre 2024, n'a pas mâché ses mots contre l'Europe à la veille de sa visite, jugeant qu'elle est "en train de couler" entre "État-providence pervers" et "problème migratoire terrible".

"Le président Macron aura à cœur de lui dire que, quoi qu’il en pense et en dise publiquement, l'Union européenne est une institution importante dont nous souhaitons qu’elle joue tout son rôle sur la scène internationale", a souligné un de ses conseillers lors d'un briefing avec la presse.

Le président argentin s'est aussi livré dernièrement à une violente charge contre l'ONU, depuis le siège même de l'organisation, la qualifiant d'"inutile" et au service d'une "caste de parasites", quand son homologue français a conclu son discours à la même tribune d'un "Vive les Nations unies".

L'Argentin Rafael Grossi, patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), n'en est pas moins candidat à la succession du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

- "Calme et sérénité" -

"Le président argentin fait activement la promotion de la candidature d’un diplomate argentin de grand talent pour ce poste. Il y a quand même des zones de convergence sur lesquelles nous pouvons atterrir", suggère le conseiller d'Emmanuel Macron.

Sur les Malouines, archipel de l'Atlantique sud dont Buenos Aires et Londres se disputent la souveraineté, l’Élysée appelle au "calme et à la sérénité" ainsi qu'au "respect par l'Argentine "des procédures internationales" pour le règlement des différends territoriaux.

Javier Milei, dopé par le soutien perçu de l'Américain Donald Trump, a invoqué début septembre "des vents favorables" à la revendication historique de l'Argentine sur ces îles et annoncé des sanctions pour tout projet pétrolier britannique autour de l'archipel.

Les États-Unis, comme la plupart des pays occidentaux, reconnaissent que le Royaume-Uni administre de facto ces îles, mais ne se prononcent pas sur la souveraineté stricto sensu.

L'archipel, à 600 kilomètres de la côte patagonienne argentine, a été le théâtre d'une brève guerre entre l'Argentine et le Royaume-Uni en 1982, qui a fait 649 morts argentins et 255 britanniques en 74 jours.

Mais l'Argentine est aussi un "pays important en Amérique latine pour les relations économiques, commerciales et des raisons plus stratégiques s'agissant des minerais critiques, notamment le lithium et le cuivre" relève l’Élysée.

- "Milei dehors" -

La France y est déjà le 7e investisseur, 5e si l'on exclut les juridictions de transit, type Pays-Bas.

Javier Milei est d'ailleurs venu en France, accompagné d'une importante délégation, en quête d'investissements dans une économie stabilisée mais dont le redécollage se fait attendre, à un an de la présidentielle argentine.

Concernant l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, qui avait provoqué une levée de boucliers des agriculteurs en France, "nous sommes confiants que le bilan in fine respectera notre intérêt et serons très vigilants sur ce point", a assuré l’Élysée.

Élu en 2023 en brandissant une tronçonneuse contre "l'État ennemi" et la dépense publique, le président argentin, qui se décrit volontiers comme "anarcho-capitaliste", reste très clivant.

Mercredi soir, une trentaine de personnes l'attendaient près de l'ambassade d'Argentine derrière une banderole scandant "France: ce sera la tronçonneuse ou la faillite. Soutien à Milei", a constaté un journaliste de l'AFP.

Sur le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro, environ 150 manifestants ont protesté en revanche contre sa politique, scandant "Milei dehors!", "Persona non grata en France et en Europe”.

À la veille de sa visite, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé de son côté "une mécanique de discrédit et de dénigrement systématiques" du chef de l'État argentin à l'encontre des journalistes, après avoir recensé 1.674 publications hostiles à la presse en 47 jours, soit plus de 35 par jour.

P.Renard--JdB