Journal De Bruxelles - Rembarré par la Cour suprême sur le vote par correspondance, Trump fustige une décision "horrible"

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Rembarré par la Cour suprême sur le vote par correspondance, Trump fustige une décision "horrible"
Rembarré par la Cour suprême sur le vote par correspondance, Trump fustige une décision "horrible" / Photo: SAUL LOEB - AFP/Archives

Rembarré par la Cour suprême sur le vote par correspondance, Trump fustige une décision "horrible"

Donald Trump a dénoncé mardi la décision "horrible" de la Cour suprême qui lui a administré un cuisant revers en rejetant une tentative de son administration de réguler plus sévèrement le vote par correspondance dès les élections cruciales de mi-mandat en novembre.

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Le président républicain dénonce régulièrement le vote par correspondance, auquel il impute en grande partie sa défaite - qu'il ne reconnaît toujours pas - en 2020 face au démocrate Joe Biden.

Il a signé le 31 mars un décret destiné à encadrer plus sévèrement le vote par correspondance, contesté en justice par un groupe d'Etats gouvernés par les démocrates et une organisation d'électrices.

Dans sa décision lundi, la Cour suprême majoritairement conservatrice confirme la suspension par des juridictions inférieures des nouvelles règles édictées par la Poste américaine (USPS), en application de ce décret, pour l'acheminement des bulletins électoraux par correspondance.

Quatre des six juges conservateurs, dont le président de la Cour, John Roberts, ainsi que les trois progressistes, ont rejeté le recours du gouvernement contre ces décisions de tribunaux fédéraux. Seuls les deux juges les plus conservateurs se désolidarisent de cette position.

Le président américain accuse sur sa plateforme Truth Social "certains juges" conservateurs, dont les trois qu'il a lui-même nommés lors de son premier mandat, d'être "pétrifiés" par les démocrates et de manquer "du courage nécessaire pour sauver notre Amérique".

Il affirme, sans étayer ses accusations, que la décision de la Cour suprême rend désormais la triche "beaucoup plus facile" pour les démocrates lors des prochains scrutins.

- "Chaos" -

Cette décision survient à moins de deux mois des élections du 3 novembre, mal parties pour Donald Trump, en particulier à la Chambre des représentants, où les sondages anticipent une perte de la courte majorité républicaine au profit des démocrates. Le contrôle du Sénat reste plus incertain.

Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, s'est réjoui de l'échec du "plan diabolique de Donald Trump". "La démocratie a gagné. Et les extrémistes de droite ont perdu", a-t-il réagi sur X.

L'influente association de défense des droits civiques ACLU a aussi salué une "grande victoire pour le droit de vote, l'intégrité des élections et la démocratie", soulignant que "les 50 États peuvent continuer à utiliser leurs procédures actuelles de vote par correspondance".

L'enjeu est majeur: près d'un tiers des électeurs américains ont voté par correspondance en 2024, selon l'organisation States United.

Il s'agit du dernier épisode en date d'une bataille judiciaire acharnée, alors que l'envoi aux électeurs des premiers bulletins de vote par correspondance a commencé dans certains Etats.

Les juges de première instance et d'appel saisis de ce décret ont conclu qu'il dérogeait "probablement" aux dispositions de la Constitution confiant au Congrès et aux Etats l'organisation des élections, y compris fédérales.

Ils se sont également inquiétés des risques de "chaos et de privation à grande échelle du droit de vote de citoyens" si ces nouvelles règles étaient appliquées immédiatement.

- "Centaines de cas" -

Le décret présidentiel ordonne aux services de l'immigration et de la sécurité sociale de créer une liste fédérale des électeurs habilités à voter, et à la Poste de ne délivrer des bulletins de vote par correspondance qu'aux personnes figurant sur cette liste.

L'objectif affiché est de limiter le risque que des étrangers puissent voter aux élections américaines, un spectre régulièrement agité par Donald Trump et le camp républicain, bien que le phénomène soit extrêmement rare, selon les statistiques officielles.

"Les efforts du président Trump pour garantir que nous ayons des élections honnêtes ne vont pas tout simplement s'arrêter en novembre, ni après", a déclaré mardi le ministre de la Justice Todd Blanche, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, tout en assurant que le gouvernement respecterait la décision de la Cour suprême.

"Nous sommes en train d'enquêter sur des centaines de cas d'étrangers votant illégalement à travers le pays", a-t-il ajouté, assurant que le phénomène était bien plus répandu que ne l'affirment les adversaires de l'administration Trump.

Des procureurs fédéraux du Texas (sud) ont ainsi annoncé mardi l'inculpation et l'arrestation de sept étrangers, (de nationalités mexicaine, nigériane, indienne et congolaise), pour avoir voté frauduleusement aux élections américaines ou tenté de le faire.

R.Vercruysse--JdB