A Kiev, l'Ukraine et ses alliés européens s'entendent sur la poursuite des pourparlers de paix
Les alliés européens de l'Ukraine se sont rencontrés samedi à Kiev pour examiner les détails de la dernière mouture du plan de sortie du conflit avec la Russie, en amont d'un sommet la semaine prochaine en France des pays de la "coalition des volontaires" soutenant l'Ukraine.
Des conseillers à la sécurité de quinze pays, dont la France, l'Allemagne et le Canada, ainsi que des représentants de l'UE et de l'Otan, se sont réunis dans la capitale ukrainienne pour cette première rencontre de l'année.
L'envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, a participé à distance, a confirmé un responsable ukrainien à l'AFP. Cette journée de diplomatie est tombée dans l'ombre de l'intervention militaire surprise des Etats-Unis au Venezuela.
"La première partie de la réunion a porté sur les documents-cadres, notamment les garanties de sécurité et les approches relatives au plan de paix, ainsi que sur la séquence des prochaines étapes conjointes", a déclaré samedi sur Telegram le négociateur en chef de l’Ukraine, Roustem Oumerov, à l'issue de la première session.
Les efforts diplomatiques se sont intensifiés depuis novembre pour mettre fin au conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, sous l'impulsion du président américain Donald Trump dont l'administration a négocié séparément avec la Russie et l'Ukraine.
Dans ses voeux pour 2026, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé qu'un accord était "prêt à 90%", tout en avertissant que les 10% restants allaient déterminer le "destin de la paix", l'avenir des territoires occupés par la Russie demeurant l'un des points clés.
"Ce sont les Russes qui insistent" sur des "ultimatums inacceptables", a déclaré samedi le vice-ministre ukrainien des Affaires étrangères Serguiï Kyslytsia lors d'une conférence de presse à laquelle participait l'AFP, à l'issue de la première session de la journée.
La Russie a de son côté annoncé fin décembre son intention de "durcir sa position" après avoir accusé Kiev, qui dément, d'un raid de drones contre une résidence du président Vladimir Poutine.
Les troupes russes occupent environ 19,4% de la superficie de l'Ukraine, dont 0,94% ont été conquis au cours de l'année 2025, selon les données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), qui travaille avec le Critical Threats Project (CTP), deux centres de réflexion américains spécialisés dans l'étude des conflits.
- Frappes meurtrières -
Les premiers jours de 2026 ont été marqués par des bombardements ukrainiens et russes meurtriers.
La Russie a accusé Kiev d'une attaque ayant tué selon elle 28 civils, la nuit du Nouvel An, dans la partie de la région ukrainienne de Kherson contrôlée par l'armée russe.
Vendredi, un enfant de trois ans et une jeune femme sont morts dans une frappe russe sur le centre-ville de Kharkiv, deuxième ville du pays, selon les autorités locales qui ont indiqué que plusieurs personnes pourraient encore se trouver sous les décombres.
Les autorités ukrainiennes ont ordonné le même jour l'évacuation de plus de 3.000 enfants avec leurs parents d'une quarantaine de localités dans les régions de Zaporijjia (sud) et Dnipropetrovsk (centre-est), signe de la progression des troupes russes dans ces régions.
Deux personnes sont également décédées dans des frappes russes dans la ville de Kherson, toujours sous contrôle de Kiev, a indiqué le gouverneur régional ukrainien Oleksandr Prokoudine.
Vladimir Poutine a répété ces dernières semaines que la Russie atteindra ses objectifs en Ukraine "par la voie militaire" si les négociations échouaient et salué les récents gains de son armée sur le front.
Son homologue ukrainien a, lui, entamé un vaste remaniement de ses équipes, annonçant vendredi la nomination d'un nouveau chef de cabinet et d'un nouveau ministre de la Défense, puis samedi celle d'un nouveau ministre de l'Energie ainsi qu'un vaste remaniement des autorités régionales.
W.Baert --JdB