Au pied du mont Blanc, la fraîcheur d'un plan d'eau pour fuir la canicule
Une baignade dans un plan d'eau naturel au pied du mont Blanc, rien de tel pour se rafraîchir quand la canicule assomme le pays : à Combloux (Haute-Savoie), les professionnels du tourisme observent un regain d'intérêt lorsque le thermomètre s'affole.
"J'ai fait deux heures de voiture exprès", confie Mélanie Belkassa, une habitante de Bourg-en-Bresse de 33 ans qui vient de se passer de la crème solaire. "Il fait chaud en bas, ça fait comme une cuvette, je viens parce qu'il y a de l'air frais".
Entourée par les massifs des Aravis, des Fiz, et surtout avec une vue imprenable sur le mont Blanc, la jeune femme profite du plan d'eau biotope de la petite ville alpine, sur le point d'afficher complet alors que l'après-midi est à peine entamé en ce début août.
"Sur les fortes journées de chaleur, on est complet très rapidement", opine Manon Simon, la responsable du plan d'eau. "Même en juin", souligne-t-elle, alors que les vacances scolaires n'avaient pas encore débuté, mais qu'une vague de chaleur a coïncidé avec les premiers jours d'ouverture du site.
A 950 mètres d'altitude, avec son système de filtration naturelle qui impose une jauge d'un peu moins de 1.000 visiteurs par jour, son eau entre 22 et 25°C (23,3°C ce début août à l'ouverture), son bassin et ses lignes d'eau, l'atout fraîcheur du village-station ne désemplit pas.
"On voit vraiment la différence entre les journées où il fait 25-30 en bas (dans la vallée, ndlr) et celles où il fait 35-40", note le directeur de l'Office de tourisme de Combloux Aurélien Astre.
En regardant les premières statistiques de l'été de plus près, il observe "un coup de boost sur la fréquentation sûrement dû aux chaleurs".
La semaine du 4 juillet, le taux de remplissage s'est affiché "en avance de 7,9 points" par rapport à l'année précédente (45,6% contre 37,7%). La semaine du 11 juillet, plus de 60% contre 49%.
"Dans l'image qu'on renvoie, évidemment on va chercher à apporter cette bulle de fraîcheur", dit-il, tout en refusant tout "marketing d'opportunité" alors que la température avoisine les 30°C.
- Climatisation naturelle -
"La fraîcheur vient aussi des grands espaces, de la non-proximité entre les gens, de la possibilité de s'évader en montagne. C'est un état d'esprit", met-il en avant.
C'est aussi peut-être le fruit du virage précoce du quatre-saisons opéré par la station. A son ouverture en 2002, le plan d'eau est le premier bassin de baignade biologique créé en France. Combloux réalise environ 60% de son volume de nuitées l'hiver, et 40% l'été, même si le ratio économique est encore largement en faveur de la saison hivernale et de ses forfaits et locations de ski (80%-20%).
Une analyse des flux de fréquentation basée sur les données des téléphones mobiles proposée par Orange "indique une progression de +2,1% des nuitées sur la période du 17 juin au 2 juillet (2e période de canicule 2026) et +2,5% des nuitées entre le 3 et le 19 juillet 2026 par rapport à 2025" sur les zones de stations de montagne, rapporte l'agence de la région, Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme.
Lors d'une enquête menée mi-juin auprès de professionnels du tourisme de la montagne, un peu plus d'un tiers d'entre eux ont "mis en avant +l'image refuge de la destination en cas de canicule+ comme facteur de soutien de l'activité" pour juillet-août, "après +l'attractivité touristique de la région+ (52%) et +la fidélisation de la clientèle+ (51%)", avance également l'agence.
Ces quelques chiffres, provisoires alors que la saison estivale bat son plein, se fondent tout de même dans la tendance plus générale à la hausse de la fréquentation de la montagne en été.
"On a une climatisation naturelle en altitude, on peut partir à la rencontre de grands espaces, ce qui n'existe plus forcément maintenant sur le littoral ou dans d'autres lieux qui commencent à être très fréquentés", observe Jean-Luc Bloch, président de l'Association nationale des maires de stations de montagne.
"Quand vous dormez bien la nuit, vous passez d'excellentes vacances et vous revenez requinqués", ajoute-t-il.
R.Vercruysse--JdB