Journal De Bruxelles - Climat: des Européens sans illusions à la COP31

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Climat: des Européens sans illusions à la COP31
Climat: des Européens sans illusions à la COP31 / Photo: Goksel YAPAR - AFP/Archives

Climat: des Européens sans illusions à la COP31

A un mois de la conférence de l'ONU sur le climat en Turquie (COP31), les Européens s'y préparent sans grandes ambitions, afin d'éviter la désillusion de l'année dernière au Brésil.

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Aux yeux de la Commission européenne, ce rendez-vous onusien du 9 au 20 novembre à Antalya sera une COP de "mise en oeuvre", destinée à accélérer le remplacement des combustibles fossiles par de l'électricité, mais sans annonce majeure ni nouveaux financements.

"Ce serait contreproductif d'arriver avec des attentes trop fortes et d'être déçus", souligne une source au sein de l'exécutif européen.

Les vingt-sept Etats membres doivent coordonner leur position lors d'un conseil des ministres de l'environnement lundi prochain au Luxembourg.

L'Irlande, qui occupe la présidence tournante de l'UE, a fait circuler en amont une stratégie de communication européenne pour cette COP31.

"Si les attentes sont formulées uniquement autour de l'obtention d'une percée spectaculaire, l'absence d'un tel résultat pourrait ensuite être présentée comme un échec", met en garde ce document, qui prône une "approche réaliste" de la COP31.

L'Union européenne est prête "à discuter de la manière de tenir les engagements financiers existants" mais "il n'existe aucune volonté de créer de nouveaux engagements financiers", poursuit ce texte stratégique, au moment où de nombreux pays européens sont dans le rouge sur le plan budgétaire.

L'Europe souligne rester le leader de l'action climatique et le premier bailleur de fonds en la matière, alors que les Etats-Unis de Donald Trump se sont retirés de ces négociations climatiques.

Mais les Vingt-Sept ont eu le sentiment de pécher par naïveté lors des précédentes COP, en faisant des efforts sans parvenir à convaincre les autres grandes puissances de les suivre.

La France réclame ainsi régulièrement que l'Union européenne se montre plus "transactionnelle", en particulier avec l'Inde. Paris voudrait que les soutiens européens à la décarbonation de l'économie soient conditionnés à des engagements concrets en matière de politique climatique.

- "Très mauvaise expérience" -

L'Union européenne avait été très frustrée par la précédente COP en novembre 2025 au Brésil, conclue sans mention sur la sortie des énergies fossiles en raison de l'opposition des gros pays producteurs.

"C'était une très mauvaise expérience" que les Européens ne veulent pas réitérer, souligne une source onusienne.

En Turquie, "ils ne veulent pas prendre de risques" et arrivent de façon "très défensive", déplore ce responsable auprès de l'AFP.

Dans la stratégie de communication qui circule, l'Union européenne met en avant le "contexte géopolitique".

Avec l'envolée des prix de l'énergie, les gros producteurs d'hydrocarbures se retrouvent, à court terme, en position de force et ne devraient guère être poussés à évoquer la sortie des fossiles.

D'autant plus que l'Union européenne se présente à la COP en ayant entaillé ses propres législations environnementales.

Dernier exemple en date, Bruxelles a proposé de repousser d'un an, de 2027 à 2028, la mise en place d'une loi contre le méthane, un gaz à effet de serre extrêmement polluant.

Ce texte, qui doit obliger les entreprises importatrices d'hydrocarbures à surveiller et déclarer les émissions de méthane associées à leurs approvisionnements, était notamment combattu par les Etats-Unis.

En le reportant, l'Union européenne veut faire un geste en direction des géants des hydrocarbures et de Washington, au moment où les prix du carburant atteignent des records.

Ce probable report est un gros coup dur pour les organisations environnementales, ainsi que pour l'ONU, qui avait lancé le 23 juin un "appel à l'action mondiale" contre le méthane, le deuxième contributeur du changement climatique après le CO2.

Au niveau européen, "tous les signaux passent au orange" en matière climatique, affirme la source onusienne citée plus haut.

Le commissaire européen au climat, Wopke Hoekstra, pense à l'inverse que l'Union européenne "maintient le cap" et "continuera à faire preuve de leadership lors de la COP".

"L'électrification propre doit être au cœur des discussions", insiste ce responsable, qui représentera l'UE en Turquie.

Les Vingt-Sept doivent notamment dire s'ils soutiennent ou pas l'initiative turque visant un objectif non contraignant de 35 % d'électricité dans la consommation finale d'énergie d'ici 2035, contre environ 20 % actuellement.

D.Verheyen--JdB