La Bourse de Paris termine dans le rouge, la dette française attend Moody's
La Bourse de Paris a terminé en petite baisse vendredi après une nouvelle salve de résultats d'entreprises et une défiance des investisseurs envers la dette française avant la réévaluation de sa note par Moody's.
L'indice vedette de la Bourse de Paris a perdu 0,36 % pour terminer à 7.782,82 points. La veille, l'indice parisien avait cédé 1,39 %.
Le CAC 40 a perdu plus de 2 % sur la semaine, une baisse plus importante que pour la majorité de ses homologues.
Pour Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING, cela "montre une crainte française qui est là, au-delà des entreprises et des résultats, et plus généralement, des craintes sur les perspectives économiques" du pays.
"Toute la semaine a été marquée par les conséquences de la dégradation de la confiance des investisseurs vis-à-vis de la France" après les violences et pillages du 17 octobre, poursuit-elle.
Pour l'économiste, "la grande question est désormais combien de temps les protestations et les difficultés sociales vont durer".
En parallèle, l'emprunt français à échéance 10 ans s'est établi à 5,01 % à la clôture du marché obligataire vendredi, terminant la semaine au-dessus du seuil symbolique de 5 % pour la première fois depuis 2002.
Ce niveau de taux implique "une explosion de la charge d'intérêts, ce ne sont pas de bonnes nouvelles et cela veut dire concrètement que les marges de manœuvre de la France ne vont que se réduire", souligne Charlotte de Montpellier.
L'agence de notation Moody's doit se prononcer vendredi soir sur la note de la France. De nombreux analystes jugent inévitable un abaissement de celle-ci.
Les investisseurs doutent de plus en plus de la signature française, avec une dette et un déficit publics parmi les plus hauts d'Europe, dans un climat de débat politique tendu autour du projet de budget 2027 et d'incertitudes liées à l'élection présidentielle du printemps prochain.
- Kering emporte le luxe -
Le groupe de luxe français Kering a terminé sur une chute de 16,57 % à 178,12 euros sur la Bourse de Paris, après avoir publié des résultats du troisième trimestre plombés par la baisse de la demande pour sa marque phare Gucci en Chine.
"Gucci n'a pas encore montré de signes convaincants de stabilisation, avec un recul de 6 % à taux de change constant, légèrement en deçà du consensus", relèvent les analystes de la Deutsche Bank.
"On est dans un contexte compliqué pour le luxe avec la Chine, et structurellement, la demande est plus faible", relève également Charlotte de Montpellier.
Les autres grands noms du secteur comme LVMH (-1,24 % à 383 euros) et Hermès (-3,96 % à 1.238,50 euros) ont aussi terminé dans le rouge.
E.Goossens--JdB