La Bourse de Paris termine en légère baisse, le "spread" au plus haut depuis 2011 en clôture
La Bourse de Paris a terminé en léger recul mardi, au terme d'une séance dominée par les soubresauts des prix du pétrole et les tensions autour de la dette française, avec un "spread" franco allemand finissant au plus haut depuis 2011.
Le CAC 40 a perdu 0,38 % à 7.838,49 points, soit un recul de 29,56 points. Il avait cédé 1,11 % lundi, après les violences survenues en marge des manifestations du week-end en France.
Le principal point d'attention de la séance a été l'évolution des prix du pétrole.
Après avoir atteint son plus haut niveau depuis mai dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord a reculé de plus de 2 %, avant de modérer ses pertes. Vers 16H50, il cédait encore 0,86 % à 108,61 dollars vers 16H50 GMT.
Ces soubresauts "s'expliquent par des rumeurs de marché sur d'éventuelles discussions pour un accord au Moyen-Orient", explique à l'AFP Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés chez IG France.
L'agence financière Bloomberg a relevé "une information non confirmée selon laquelle le Qatar et le Pakistan auraient présenté une nouvelle proposition visant à relancer les négociations pour mettre fin à la guerre en Iran".
Cette information a fait rebondir les Bourses européennes au cours de l'après-midi, après une matinée passée franchement dans le rouge. La dynamique s'est par la suite essoufflée, faute de confirmation officielle.
Un recul du brut serait une bonne nouvelle pour les Bourses européennes, alors que la flambée des prix du pétrole alimente l'inflation et fait grimper les taux d'intérêt, freinant les perspectives de croissance.
- La dette française toujours sous pression -
Le taux d'intérêt français a fini la séance obligataire à 4,93 %, au même niveau que la veille, contrairement à son équivalent allemand, qui a profité du recul du pétrole, à 3,40 % contre 3,45 % lundi soir.
L'écart entre les deux, considéré comme une mesure de la méfiance des investisseurs envers la dette française, a ainsi atteint 1,53 point, son plus haut niveau en clôture depuis 2011.
Les investisseurs doutent déjà depuis plusieurs semaines de la situation budgétaire française, avec une dette et un déficit publics parmi les plus hauts en Europe, sur fond de débat politique tendu autour du projet de budget 2027 et d'incertitudes liées à l'élection présidentielle.
Et le "contexte actuel de violences et de contestations ajoute des incertitudes sur la capacité du gouvernement à appliquer les mesures nécessaires pour améliorer la situation budgétaire", relève Louise Girard, analyste pour XTB, interrogée par l'AFP.
- Schneider Electric se finance -
Schneider Electric, géant français des équipements électriques, a vendu à des investisseurs 25 millions d'actions nouvelles, à 240 euros chacune, soit environ 5 % de moins que leur cours de clôture de lundi. Cette opération lui rapporte 6 milliards d'euros, qui serviront à financer une partie du rachat de l'éditeur américain de logiciels industriels PTC, annoncé début octobre.
Le groupe français a toutefois accusé un recul de 3,29 %, à 244,30 euros. Legrand, autre fabricant français de matériel électrique, a perdu 3,05 %, à 127,30 euros.
E.Janssens--JdB