Après son succès, l'allemand Isar Aerospace décroche cinq nouveaux lancements
Quelques jours après le premier lancement réussi de la fusée Spectrum, la jeune pousse allemande Isar Aerospace a sécurisé mardi à Paris cinq nouveaux lancements avec l'américain Seops entre 2028 et 2030.
Les missions seront effectuées depuis le pas de tir d'Isar à Andøya, en Norvège, et depuis le futur Spaceport Nova Scotia, au Canada, aux termes d'un accord annoncé en marge de la WSBW (World space business week), rendez-vous spatial international annuel à Paris.
Après le succès du lancement de Spectrum le 5 septembre, le premier vol commercial d'Isar, fondé en 2018, aura lieu "le plus tôt possible", a déclaré Stella Guillen, directrice commerciale d'Isar Aerospace interrogée par l'AFP.
"Nous avons un planning complet en 2027 et en 2028 avec des clients venus du monde entier", a-t-elle poursuivi.
"Nous sommes en train de monter en cadence et de nous y préparer. Les vols 3, 4, 5, 6 et 7 sont en train d'être préparés à l'usine", a-t-elle ajouté.
La fusée Spectrum lancée le 5 septembre depuis Andøya, en Norvège, au nord du cercle polaire arctique, a pour la première fois atteint l'orbite et y a placé cinq petits satellites.
Le premier essai en mars 2025 s'était soldé par un crash après seulement 30 secondes de vol.
Les concurrents européens d'Isar, comme le français MaiaSpace, filiale d'ArianeGroup qui développe le lanceur réutilisable Maia, ou l'allemand Rocket Factory Augsburg (RFA) n'ont pas encore effectué leur premier vol.
Isar prépare désormais son installation dans une nouvelle usine de 40.000 m2 à Parsdorf, près de Munich, conçue pour regrouper ses équipes et permettre de produire jusqu'à 40 lanceurs par an.
L'usine "permettra une montée en cadence rapide" pour assurer "environ 40 lancements par an", a souligné Can Araz, responsable du programme Spectrum chez Isar.
Selon lui, l'infrastructure de lancement représente "un goulet d'étranglement".
Si Isar Aerospace fait partie des cinq opérateurs européens sélectionnés pour s'installer sur l'ancien site de lancement Diamant, à Kourou, en Guyane française, le pas de tir au Canada "viendra probablement plus tôt", estime Isar.
Isar Aerospace étudie la réutilisation de Spectrum, mais n'a pas encore tranché, le choix dépendant notamment de l'équation économique et de la cadence de lancement visée.
"Chaque fusée n'a pas forcément besoin d'être réutilisable", souligne Can Araz.
T.Peeters--JdB