La piste d'un acte malveillant privilégiée après le déraillement spectaculaire d'un TER en Normandie
Un acte malveillant pourrait être à l'origine du déraillement vendredi soir d'un TER à proximité de Rouen qui a fait 44 blessés, dont une jeune femme qui était "en urgence absolue" et dont les jours ne sont désormais plus en danger.
A ce stade, "l'hypothèse principale est celle de la présence - sur un des rails de la voie - d'un morceau de rail, qui pourrait être à l'origine de ce déraillement. Les causes de cette présence sont inconnues, et devront être identifiées par l'enquête", a indiqué samedi le procureur de Rouen Sébastien Gallois dans un communiqué de presse.
Les investigations, notamment "les opérations de police technique", se poursuivent "activement", a ajouté le magistrat, précisant que "la +boîte noire+ du train a été saisie".
L'enquête, confiée à la police judiciaire de Rouen, se poursuit et plusieurs auditions sont prévues, tandis qu'un expert judiciaire est requis pour faire la lumière sur les circonstances de l'accident, d'après la même source.
- "Etat de choc" -
Peu après l'accident, d'importants moyens de secours avaient été mobilisés, avec 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules.
Les victimes ont été prises en charge et soignées et "leur sortie d'hôpital a eu lieu, ou est imminente", selon M. Gallois. Les jours de la principale victime ne sont plus en danger mais elle reste hospitalisée, d'après le magistrat.
Selon la maire de Cléon, dont la municipalité a accueilli durant la nuit des passagers du train accidenté, les victimes "sont en état de choc, parce que ça a été violent. Les vitres des rames qui sont restées debout ont cassé, et avec la vitesse, il y a des cailloux qui sont rentrés à l'intérieur des rames...", a déclaré à l'AFP Mélanie Delacour.
Certaines victimes "disent +je ne prendrai plus jamais le train+. C'est un drame qui aurait pu être une catastrophe d'une très grande ampleur", a ajouté Mme Delacour.
La violence de l’accident a marqué les passagers : un wagon s’est couché sur le côté tandis que quatre autres sont sortis des rails.
"D'un seul coup sont venues quelques secousses, puis au bout de trois secondes, c'est devenu de plus en plus fort", a témoigné auprès d'ICI Normandie l'un des passagers, Louis, âgé de 24 ans. "Je ne tenais plus sur mon siège (...) Les vitres ont partiellement explosé, les cailloux de la voie sont rentrés dans le wagon", a-t-il dit. "C'était vraiment choquant, j'en tremble encore."
Samedi matin, un photographe de l'AFP a vu de nombreux agents de la SNCF s'affairer autour du train au milieu d'une allée d'arbres. L'accident a eu lieu dans un étroit méandre de la Seine, à proximité immédiate de l'usine Renault de Cléon.
- Trafic perturbé -
Dès l'annonce de l'accident, le préfet de Seine-Maritime avait déclenché le plan Orsec nombreuses victimes (NOVI) et s'est rendu sur place.
L'accident a provoqué de "fortes perturbations" pour le trafic ferroviaire entre Rouen et Caen et entre Caen et Le Havre, dans les deux sens, selon la SNCF.
La circulation, interrompue assez largement aux alentours de la zone de l'accident, notamment sur les lignes Paris-Rouen et Rouen-Amiens, a été rétablie, a précisé samedi matin un porte-parole de SNCF Réseau.
Sur la ligne Rouen-Caen elle-même, où dix allers-retours par jour et six le week-end sont normalement assurés, un service de cars de substitution a été mis en place, a indiqué SNCF Voyageurs.
Pour le "relevage" du train, les équipes de SNCF Réseau sur place doivent attendre que le procureur "rende la zone", à une échéance à ce stade indéterminée, pour pouvoir inspecter puis organiser les opérations, selon le porte-parole.
H.Raes--JdB