BHV Marais: le rez-de-chaussée rouvre, la direction salue une "étape majeure" de la relance
Le BHV Marais a franchi "une étape majeure" de son "plan de relance" en rouvrant intégralement son rez-de-chaussée, s'est félicitée jeudi la direction du grand magasin parisien qui espère reconquérir marques et clients mais peine à rassurer les salariés, appelés à la grève vendredi.
Depuis 10h, chalands et touristes peuvent accéder au Bazar de l'Hôtel de ville par son entrée principale, après six mois de fermeture.
"Le magasin revit", se réjouit avec une "certaine émotion" Valérie Chaleyssin, directrice marketing du BHV Marais et membre de l'équipe ayant repris son fonds de commerce, cédé à perte en juin par la SGM de Frédéric Merlin.
A l'inverse des autres étages du magasin, dont la moitié des surfaces a été vidée à destination du fonds canadien Brookfield, propriétaire des murs depuis janvier, tout le rez-de-chaussée est à nouveau exploité, malgré des allées très spacieuses.
Il accueille notamment, à l'occasion de l'événement "Paris Design Week", des boutiques éphémères mettant à l'honneur "plus de 30 marques et jeunes créateurs parisiens" et le designer Laurent Badier, ou encore une exposition photo "Objets estampillés France".
De quoi raviver un flux de clients jusqu'à alors "catastrophique", espère Valérie Chaleyssin.
C'est un "cache-misère", tempère pour l'AFP une salariée souhaitant rester anonyme, quand une autre, "optimiste", se félicite de "participer à l'émulation".
Ex-"fidèle cliente" de 82 ans, Isabelle, elle, n'est "pas convaincue".
Déserté par ses fournisseurs en raison d'impayés et/ou d'un partenariat controversé avec le géant asiatique Shein, le BHV prévoit l'implantation ou le retour de plus de 40 marques, dont Habitat et Flamant.
Au deuxième étage, le fondateur de la marque de tapis Son, Pierre Cohen Boyer, commence à installer sa marchandise, assurant à l'AFP que "les inquiétudes" liées à la réputation du BHV "ont été vite dissipées".
Mais elles restent vives chez les 700 salariés du magasin, appelés à la grève vendredi pour défendre leurs avantages sociaux et réclamer une "transparence totale sur la trésorerie" de leur entreprise.
L'inspection du travail la suspecte d'être en cessation de paiements et l'a signalé à la justice, selon le parquet de Paris, ce que la direction conteste.
Mercredi, les élus du BHV ont également adressé un signalement au parquet, selon leur intersyndicale, confirmant une information de Libération.
Autre ombre au tableau, un différend concernant "23 millions d'euros" d'indemnités dues, selon la direction du BHV, par Brookfield, en échange des surfaces libérées, jugées non conformes par le bailleur.
T.Peeters--JdB