Journal De Bruxelles - Royaume-Uni: le parti Reform UK dans la tourmente après une nouvelle affaire de dons

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Royaume-Uni: le parti Reform UK dans la tourmente après une nouvelle affaire de dons
Royaume-Uni: le parti Reform UK dans la tourmente après une nouvelle affaire de dons / Photo: CARLOS JASSO - AFP/Archives

Royaume-Uni: le parti Reform UK dans la tourmente après une nouvelle affaire de dons

Un proche collaborateur de Nigel Farage proposant de contourner la loi pour obtenir un don de l'étranger: le parti britannique anti-immigration Reform UK, réuni en congrès annuel à Birmingham, est dans la tourmente vendredi après la diffusion d'un reportage compromettant.

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La diffusion de cette émission jeudi soir sur la chaîne Channel 4 a conduit à la démission vendredi matin de deux responsables du parti et le lancement d'une enquête interne, a indiqué un porte-parole de Reform UK.

Dans ce reportage filmé en caméra cachée, on voit un proche collaborateur de Nigel Farage, Dan Jukes, suggérer un moyen de contourner la loi électorale afin d'obtenir un don d'un citoyen américain de 500.000 livres sterling pour le parti. Il faut être enregistré comme électeur britannique pour pouvoir faire des dons à un parti britannique.

Les deux responsables démissionnaires, Dan Jukes et James Orr, sont aussi accusés d'avoir enfreint les règles électorales en faisant financer un sondage par une société étrangère.

Nigel Farage, qui apparait dans ce reportage, a affirmé vendredi matin que le parti n'avait "enfreint aucune loi" et qu'il n'avait reçu "aucun argent d'origine douteuse".

Il doit prononcer un discours vendredi après-midi au congrès du parti à Birmingham (centre de l'Angleterre), point d'orgue de ce rassemblement auquel le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, doit aussi participer vendredi et prendre la parole à 13H00 (12H00 GMT) .

Nigel Farage, 62 ans, ambitionne avec ce congrès de convaincre ses partisans qu'il peut accéder à Downing Street lors des législatives prévues en 2029.

Certains membres du parti ont immédiatement rejeté ce scandale comme une nouvelle tentative des partis traditionnels de saper la montée de Reform.

"Ils ont tellement peur de Reform, ils attaquent, attaquent, attaquent tout le temps", a déclaré Heather Kynman, une infirmière de 62 ans.

Mais cette nouvelle affaire intervient après un été difficile pour le champion du Brexit, déjà accusé d'avoir accepté des dons illicites.

- Attaqué par "le système" -

Nigel Farage est visé par une enquête parlementaire portant sur un don de cinq millions de livres (5,7 millions d'euros), reçu d'un milliardaire ayant fait fortune dans les cryptomonnaies, peu avant son élection comme député en 2024.

Reform UK fait aussi l'objet d'une enquête policière sur son financement.

Nigel Farage a affirmé tout au long de l'été être attaqué par "le système".

Il a en juillet remis en jeu son siège de député dans sa circonscription de Clacton, dans le sud-est de l'Angleterre. Il a été réélu largement, mais à l'issue d'un scrutin boycotté par tous les partis, où son principal adversaire était un candidat fantaisiste, le "Comte Tête-de-Poubelle" ("Count Binface").

Pendant un an et demi, Reform UK avait pourtant dominé les sondages. Le parti a remporté de nombreux sièges en mai lors d'élections locales, qui ont précipité la chute du Premier ministre travailliste, Keir Starmer.

Mais les révélations sur le don colossal reçu du milliardaire Christopher Harborne et l'ouverture d'une enquête parlementaire - relancée depuis la réélection de Nigel Farage à Clacton - ont freiné cette dynamique.

A Birmingham, où 8.000 personnes sont attendues, le parti veut mettre l'accent sur sa capacité à gouverner, et notamment à stopper les traversées de migrants depuis la France.

Jeudi, la première journée de la conférence a permis aux responsables du parti, qui cherche à renforcer ses liens avec le monde économique, de rencontrer des représentants de grandes entreprises comme Vodafone, TikTok ou Google.

Les déboires de Nigel Farage ont profité au travailliste Andy Burnham, qui a remplacé Keir Starmer à Downing Street le 20 juillet.

Le Labour est repassé en tête des sondages, avec 26% des intentions de vote contre 22% pour Reform, selon la dernière enquête de l'institut More In Common.

Plus de deux tiers des Britanniques jugent que Nigel Farage n'est pas prêt à devenir Premier ministre, selon une récente étude Ipsos.

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O.Meyer--JdB