Journal De Bruxelles - Sophie Binet réélue à la tête de la CGT

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Sophie Binet réélue à la tête de la CGT
Sophie Binet réélue à la tête de la CGT / Photo: Loic VENANCE - AFP

Sophie Binet réélue à la tête de la CGT

Sophie Binet, seule candidate déclarée, a été réélue à la tête de la CGT, deuxième syndicat français, à l'issue d'un congrès à Tours placé sous le signe du rassemblement mais non exempt de débats.

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A 44 ans, Sophie Binet repart pour trois années de mandat, qui seront marquées par l'élection présidentielle de 2027. Elle a annoncé qu'elle comptait à cette occasion faire peser la CGT, très engagée dans la lutte contre l'extrême droite, dans le débat.

Après l'annonce de son élection, Sophie Binet a rendu hommage à la commission exécutive sortante qui a su rassembler la CGT malgré les "difficultés", voire la "violence" du congrès précédent, qui avait fait apparaitre de profondes fractures dans l'organisation.

"C’est toujours celui qui rassemble qui gagne et cet enseignement vaut partout, tout le temps", a-t-elle lancé après son élection.

Le congrès de Tours, le 54e de la CGT, a en effet été marqué par une forme d'apaisement après celui de Clermont-Ferrand en 2023.

Le rapport d'activité de la direction sortante a été adopté à 81%, alors qu'en 2023 celui de la direction menée par Philippe Martinez avait été rejeté.

Le bureau confédéral reste largement stable, avec trois nouveaux entrants sur 14 membres. Le cheminot Laurent Brun, opposant à Philippe Martinez en 2023, reste administrateur, soit numéro deux de la CGT.

Le congrès n'a toutefois pas été un long fleuve tranquille, entre sifflets contre les numéros un des autres syndicats invités, envahissement de la tribune par des militants estimant ne pas avoir eu suffisamment la parole et débats virulents sur le principe du "100% Sécu".

Le rapport d'activité insistait notamment sur la mobilisation contre la réforme des retraites, "plus longue mobilisation unitaire de l'histoire sociale" qui a "replacé les syndicats sur le devant de la scène", tout en soulignant la difficulté à construire et étendre la grève.

Les congressistes ont réfléchi aux moyens d'attirer et de fidéliser de nouveaux adhérents de toutes les catégories de travailleurs et de construire des luttes interprofessionnelles efficaces.

Sophie Binet a souligné devant la presse le caractère "profondément politique" de ce congrès, avec ses dimensions internationales, féministes et d'organisation des luttes.

Le congrès a été marqué par la forte présence de syndicalistes du monde entier, exprimant la volonté de s'unir pour lutter contre l'extrême droite, et le soutien à la Palestine, en présence de son ambassadrice en France Hala Abou Hassira.

"C'est fini les blocs issus de la Guerre Froide. L'Amérique de Trump, la Russie de Poutine, Israël de Netanyahou, tous trois d'extrême droite sont alliés de fait", a lancé Sophie Binet à la tribune, soulignant le "besoin d'une organisation internationale qui rassemble l'ensemble des travailleurs et des travailleuses du monde".

Organisation qui se revendique féministe, la CGT a aussi voté au congrès pour l'annexion à ses statuts d'un cadre commun d'action contre les violences sexistes et sexuelles. Une façon d'inscrire dans son "patrimoine" ces règles adoptées en 2023 qui font prévaloir la "présomption de sincérité" des victimes, selon les mots de Myriam Lebkiri, du bureau confédéral.

P.Claes--JdB