Journal De Bruxelles - "Je suis perdu": avant le Mondial, l'aéroport de Los Angeles reste une galère

Euronext
AEX -0.36% 1038.47
BEL20 0.63% 5639.14
PX1 0.66% 8227.07
ISEQ 0.73% 13274.45
OSEBX -1.75% 2010.12 kr
PSI20 -0.82% 9119.86
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK -2.04% 4107.14
N150 -0.14% 4280.63
"Je suis perdu": avant le Mondial, l'aéroport de Los Angeles reste une galère
"Je suis perdu": avant le Mondial, l'aéroport de Los Angeles reste une galère / Photo: Apu GOMES - AFP

"Je suis perdu": avant le Mondial, l'aéroport de Los Angeles reste une galère

Fin d'après-midi à l'aéroport de Los Angeles. Après 18 heures de voyage, TJ James subit un avant-goût du grand bazar qui attend des dizaines de milliers de touristes lors de la Coupe du monde de football qui s'ouvre le 11 juin.

Taille du texte:

Avec sa femme, ses deux enfants et quatre valises, il débarque au milieu d'un océan de voitures frustrées roulant au pas. Dans ce concert de klaxons, la famille a bien du mal à identifier le bus qui l'emmènera vers son véhicule de location.

"Il n'y a pas de panneaux expliquant clairement où je dois aller", soupire ce salarié de l'industrie minière, venu de Perth, en Australie. "J'ai fait mes recherches, et je galère quand même."

A 47 ans et déjà quelques passages dans cet aéroport, M. James plaint les passagers étrangers.

"Je suis encore perdu et je suis Américain", dit-il à l'AFP. "C'est vraiment agaçant."

La mauvaise réputation de LAX, l'aéroport principal de Los Angeles, est légendaire. L'an dernier, Netflix l'a comparé à une "chambre de torture" dans une publicité pour "Mercredi", son spin-off sur la Famille Adams.

Il voit défiler en moyenne 95.000 véhicules par jour, dont la plupart s'engagent dans un entonnoir infernal: une voie en forme de fer à cheval longeant tous les terminaux, où chaque passager essaie de se faire déposer ou récupérer au plus près.

Afin d'alléger les bouchons, les taxis et VTC sont interdits de prendre des passagers sur l'artère.

- Train aérien inachevé -

Pour s'extraire de l'aéroport, les arrivants sans proche pour venir les chercher doivent donc prendre des bus - qui se ressemblent tous, mais ne vont pas au même endroit selon la couleur de leur arrêt: vert pour le parking des taxis, violet pour les locations de voiture, rouge pour certains hôtels, rose pour d'autres terminaux, etc.

A cause de ce "casse-tête", LAX "est clairement un aéroport que les habitants de Los Angeles adorent détester", résume Joshua Schank, expert de l'institut de l'université UCLA dédié aux transports.

Le Mondial en Amérique du Nord, pour lequel Los Angeles accueille huit matches, devait permettre à la mégapole californienne d'améliorer son image, deux ans avant d'organiser les Jeux olympiques.

Pour désengorger l'aéroport, un train aérien le reliant au métro devait entrer en service avant le tournoi. Mais ce chantier à 3,5 milliards de dollars, initialement promis pour 2023, s'est enlisé dans de multiples retards et des disputes contractuelles avec le constructeur.

Les rames circulent actuellement à vide pour des tests de sécurité. Elles ne seront pas prêtes pour les supporters du Mondial et les autorités ne donnent plus de date d'ouverture.

Contacté, LAX a refusé les demandes d'interview de l'AFP.

Ce train "n'a pas reçu l'attention qu'il mérite vraiment en termes d'urgence de la part des élus", déplore M. Schank.

- "Enfer" -

C'est selon lui d'autant plus regrettable que Los Angeles, mégapole entièrement conçue pour la voiture avec ses autoroutes tentaculaires, "a plus de travail" que les autres grandes villes américaines pour améliorer ses transports en commun.

Avec six lignes seulement, le métro reste largement insuffisant pour desservir la métropole et ses 10 millions d'habitants.

Pour pallier le problème, Los Angeles affectera 300 bus pendant pour transporter les supporters directement au stade d'Inglewood, depuis une douzaine d'endroits différents, dont l'aéroport.

Le prix du ticket restera à 1,75 dollar. Une petite victoire pour les fans, alors que le New Jersey a fait scandale en faisant payer 98 dollars l'aller-retour en train entre New York et le MetLife Stadium.

Mais si elle veut vraiment moderniser son aéroport, Los Angeles doit faire beaucoup plus, selon M. Schank.

Pour inciter les passagers à prendre le train automatique, l'expert recommande d'ajouter des lignes de bus à côté de la station de métro qu'il desservira, afin d'augmenter les destinations accessibles. Il souhaiterait aussi faire payer l'accès en voiture au fer à cheval. Sans quoi, les bouchons monstres risquent de perdurer.

"Les élus doivent se mobiliser si nous voulons que les Jeux olympiques soient une réussite", plaide-t-il.

D'ici-là, Henrietta Henry n'a qu'un seul conseil pour les fans de foot qui atterriront à LAX.

"Préparez-vous", prévient cette Nigériane qui vient plusieurs fois par an à Los Angeles. "La première fois, c'était vraiment l'enfer pour moi."

M.Kohnen--JdB