Moyen-Orient: l'Europe en recul sauf Londres, le Nasdaq sur sa lancée
Les Bourses mondiales restent dans l'attente d'une solution au Moyen-Orient mardi, oscillant entre prudence et optimisme quant à la perspective de voir les Etats-Unis et l'Iran trouver un accord de paix.
"Le marché reste calme, relativement serein. En Europe, ça baisse, mais en écho à la belle journée d'hier", commente Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie globale de marché chez Natixis IM.
Paris (-1,03%) et Francfort (-0,80%) ont relâché une partie des gains de la veille, quand les deux places misaient sur un accord de paix au Moyen-Orient (l'Iran a depuis accusé les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu). Les deux principales places boursières de l'Union européenne ont également été refroidies par les propos d'Isabel Schnabel, membre allemande de la Banque centrale européenne (BCE).
"Elle a déclaré qu’elle voterait en faveur d’une hausse des taux d’intérêt en juin, même s’il y avait un accord pour mettre fin à la guerre en Iran", décrypte Kathleen Brooks, directrice de recherche pour la plateforme d'investissement XTB, selon qui "il y a actuellement 90 % de probabilité d’un relèvement lors de la réunion de la BCE le mois prochain".
Milan a également reculé (-0,64%), plombée par le recul de Ferrari (-8,37% à 284,05 euros). Le logo du célèbre bolide rouge a fait une sortie de route auprès des investisseurs en annonçant le lancement de "Luce", son premier modèle entièrement électrique.
Londres aurait sans doute davantage progressé (+0,24%) sans le flot des ordres de vente qui ont touché l'une de ses deux championnes pétrolières (British Petroleum, -4,03%).
Les investisseurs ont réagi à la mise à l'écart du PDG de BP, Albert Manifold, en raison "de graves préoccupations" liées à sa gouvernance.
A New York, le Nasdaq des valeurs technologiques continuait sur sa lancée (+0,95%) vers 16H30 GMT, à quelques jours de l'entrée en bourse de SpaceX, qui pourrait être sans précédent dans l'histoire.
"Nous privilégions les infrastructures et équipements qui soutiennent le développement de l’IA, comme les semi-conducteurs, l’énergie et les centres de données", analyse BlackRock.
"Selon nous, ils sont bien placés pour en bénéficier quels que soient, à terme, les gagnants ou les perdants de l’IA", ajoute BlackRock dans son commentaire hebdomadaire de marché.
Le S&P des 500 grandes entreprises américaines progressait (+0,56%) tandis que le Dow Jones des entreprises traditionnelles marquait le pas (-0,17%).
L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.
Les signes d'ouverture de ces derniers jours ont de nouveau cédé la place à une rhétorique martiale, dans un conflit où les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril mais où les menaces ne cessent pas tout comme le blocage du détroit d'Ormuz, faisant flamber les prix du pétrole.
Le pétrole en hausse
Avec le recul d'un retour à la normale dans l'offre de pétrole, le Brent, référence mondiale du brut, repassait la barre des 100 dollars aussi vite qu'il était descendu la veille (100,11 dollars le baril, +4,13%).
"Le pétrole a rebondi après la forte baisse provoquée lundi par les espoirs d'accord de paix, les investisseurs réintégrant une partie de la prime géopolitique dans les prix", explique Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.
- Les taux d'emprunts souverains remontent -
Sur le marché obligataire, la journée a été marquée par des déclarations d'Isabel Schnabel, membre allemande de la Banque centrale européenne (BCE).
"Nous considérons qu'une remontée des taux dans un contexte où la demande ralentit n'est pas forcément un bon calcul", estime Mabrouk Chetouane de Natixis.
En attendant, le taux de l'emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, est remonté à 2,98% vers 14H00 GMT, contre 2,94% lundi à la clôture.
Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à 3,59% contre près de 3,56% lundi soir.
Dans ce contexte, le dollar s'échangeait à un dollar pour 1,1625 euros.
X.Maes--JdB