Journal De Bruxelles - Iran: audience judiciaire mercredi pour le cinéaste dissident Jafar Panahi

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Iran: audience judiciaire mercredi pour le cinéaste dissident Jafar Panahi
Iran: audience judiciaire mercredi pour le cinéaste dissident Jafar Panahi / Photo: ANGELA WEISS - AFP/Archives

Iran: audience judiciaire mercredi pour le cinéaste dissident Jafar Panahi

Un tribunal iranien va tenir une audience mercredi dans une affaire concernant le cinéaste dissident Jafar Panahi, revenu dans son pays fin mars, ont rapporté lundi plusieurs médias en Iran.

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Le réalisateur avait été condamné par contumace en décembre à un an de prison pour "activités de propagande" contre l'Etat, quelques mois après avoir remporté la Palme d'or au festival de Cannes pour "Un simple accident".

Selon l'agence Isna, l'audience de mercredi a été programmée après que les avocats de M. Panahi ont fait appel de cette condamnation. Outre la prison, il s'était vu imposer en décembre une interdiction de quitter le territoire pendant deux ans.

Il n'était pas clair dans l'immédiat si M. Panahi serait présent à l'audience. Il n'a rien publié sur son compte Instagram, très suivi, depuis février.

Selon Isna, le cinéaste de 65 ans est revenu dans le pays le 30 mars, en pleine guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique.

Il s'agit de la première confirmation par des médias iraniens du retour en Iran du metteur en scène qui avait assisté cette année aux Oscars à Los Angeles où son film "Un simple accident", tourné clandestinement en Iran, avait été nommé.

Selon Isna, son dossier sera examiné par un tribunal révolutionnaire de Téhéran présidé par le juge Iman Afshari. Ce magistrat est connu pour avoir lourdement condamné des dissidents et fait l'objet de sanctions de l'Union européenne.

- Refus de devenir "un réfugié" -

L'audience est programmée en plein festival de Cannes, un an après que M. Panahi y a décroché la récompense suprême. Le réalisateur était rentré en Iran après la manifestation, et était ensuite reparti à l'étranger pour faire la promotion de son film.

Mais il avait dit vouloir rentrer à terme dans son pays. "Bien qu'on m'en ait donné l'opportunité, y compris lors des années les plus difficiles, je n'ai jamais envisagé de quitter mon pays pour être un réfugié", avait affirmé M. Panahi, cité en décembre par le journal américain Variety.

Le réalisateur, Ours d'or à Berlin en 2015 pour "Taxi Téhéran", avait déjà été emprisonné deux fois. La première fois en 2010 pendant 86 jours, puis à nouveau sept mois entre 2022 et 2023. Il avait été libéré après une grève de la faim.

M. Panahi s'était élevé en janvier contre la répression des manifestations antigouvernementales dans son pays, qui avait fait des milliers de morts selon des ONG.

Figure de la Nouvelle vague du cinéma iranien, il a également été interdit de sortie du territoire pendant quinze ans.

"Un simple accident" raconte l'histoire de cinq Iraniens victimes de la brutalité et de l'arbitraire de la République islamique, persuadés d'avoir mis la main sur l'un de leurs anciens geôliers.

W.Wouters--JdB