Chasse illégale: 5 ans de prison avec sursis requis à l'encontre d'Olivier Bouygues
Une peine de cinq ans de prison avec sursis a été requise mardi devant le tribunal correctionnel d'Orléans à l'encontre du milliardaire Olivier Bouygues, jugé notamment pour destruction en bande organisée d'espèces d'oiseaux protégées sur son domaine de chasse en Sologne.
Décrivant des méthodes "interdites" et "barbares", la procureure de la République d'Orléans, Emmanuelle Bochenek-Puren, a également requis une amende de 750.000 euros, le maximum possible, et une interdiction d'exercer une activité en lien avec la chasse pendant cinq ans.
Pour les cinq autres prévenus, le régisseur et des gardes-chasse de son domaine de Fontenaille, d'une superficie de 650 hectares à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret), des peines de un an à quatre ans d'emprisonnement avec sursis ont été demandées. Des amendes et des retraits temporaires du permis de chasse s'ajoutent à ces peines.
Olivier Bouygues a contesté toute responsabilité dans cette affaire, évoquant lundi sa "surprise" au moment d'être mis au courant de l'ouverture d'une enquête l'année dernière.
"J'ai d'autres chats à fouetter que de gérer au quotidien" les affaires de la propriété, a-t-il affirmé à la barre.
À la suite d'une dénonciation anonyme, les enquêteurs ont découvert sur le domaine de Fontenaille des "cadavres d'animaux en décomposition avancée", selon un membre de l'Office français de la biodiversité (OFB).
Les photos d'un charnier, diffusées à l'audience, ont montré plusieurs cadavres d'animaux baignant dans leur sang, parmi lesquels des faucons crécerelles, des grandes aigrettes, des busards, des buses variables ou encore des grands cormorans.
Olivier Bouygues, 75 ans, a martelé n'avoir "jamais vu" ce charnier, tout en admettant en connaître l'existence et préférant évoquer une "fosse écologique".
Outre les oiseaux, des chats ont aussi été tués.
Selon les déclarations du régisseur du domaine, M. Bouygues "ne voulait pas que ça soit rendu public".
L'un des prévenus a expliqué que la chasse aux animaux considérés comme "nuisibles" pour la multiplication du gibier était une pratique "ancrée" en Sologne, deuxième massif forestier français et terrain de chasse très prisé des grandes fortunes.
P.Mathieu--JdB