Journal De Bruxelles - Incendies : Lecornu accueilli sous les huées en Gironde, promet de ne "rien cacher"

Euronext
AEX 0.17% 1119.77
BEL20 1.36% 5741.47
PX1 -0.13% 8625.32
ISEQ 0.11% 14347.86
OSEBX 0.2% 2089.97 kr
PSI20 -0.06% 9249.24
ENTEC -0.41% 1416.23
BIOTK -3.03% 4192.21
N150 0.02% 4361.87
Incendies : Lecornu accueilli sous les huées en Gironde, promet de ne "rien cacher"
Incendies : Lecornu accueilli sous les huées en Gironde, promet de ne "rien cacher" / Photo: LOU BENOIST - AFP/Archives

Incendies : Lecornu accueilli sous les huées en Gironde, promet de ne "rien cacher"

Sébastien Lecornu, en déplacement lundi en Gironde pour lancer la reconstruction du territoire dévasté par le mégafeu, a promis de ne "rien cacher" sur la gestion des incendies, après avoir été conspué à son arrivée dans la commune sinistrée du Porge.

Taille du texte:

"Nous n'avons strictement rien à cacher sur le déroulé des opérations de protection incendie de ces dernières semaines", a-t-il déclaré depuis Mérignac, à côté de Bordeaux, en ouverture d'une table ronde avec des membres de son gouvernement, des élus et des acteurs économiques de la région.

Une heure auparavant, il était en déplacement sur la commune littorale du Porge, où 183 maisons ont brûlé en juillet après avoir, la veille, réalisé "un tour" de la commune sinistrée avec son maire et à l'abri des caméras.

Même si son entourage indique que Sébastien Lecornu était là pour rencontrer des habitants et des agriculteurs, quelque 200 personnes ont regretté lundi matin de ne pas l'avoir vu : ils ont hué et tapé des mains à l'approche d'une voiture aux vitres teintées, avec un gyrophare, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Il est où ? Il est où ?", a crié lundi la foule devant les caméras des journalistes sur place.

"Ca aurait été quand même un minimum" que le Premier ministre rencontre les habitants. "C'est vraiment nous prendre pour quantité négligeable", a estimé Tony Veiga, un retraité de 65 ans.

Dans cette bourgade balnéaire et populaire, de nombreux habitants accusent les autorités d'avoir sacrifié leur maisons pour protéger la presqu'île voisine et très huppée du Cap Ferret.

Ces "choix tactiques" n'ont pas "été décidés depuis Paris" et "la plupart des choix des premières heures n'ont pas été décidés non plus depuis Bordeaux", a assuré le Premier ministre.

"Il y a de la colère, de l'émotion, c'est bien naturel, les gens ont tout perdu, plus que ça. Mais je veux quand même qu'on remette un tout petit peu de vérité et de rationalité dans ce qui s'est passé", a ajouté M. Lecornu, rejetant les "quelques dérives un peu complotistes".

Il a en aussi dit avoir demandé à la préfecture et aux pompiers de tenir des réunions avec la population "pour expliquer ce qui s'est passé minute par minute, heure par heure, la nature et la qualité des moyens engagés, pourquoi tel ou tel choix tactique a été fait".

M. Lecornu a promis également "des annonces" pour la "reconstruction" du territoire et de la forêt.

 

- "Moyens" -

Avec 42.000 hectares parcourus, l'incendie fixé le 1er août est le plus grand en superficie en France depuis 1949. Avançant à une vitesse folle, les flammes se sont approchées à 15 km de la métropole bordelaise et ont provoqué l'évacuation de plus de 220.000 résidents et touristes.

Ce mégafeu est emblématique d'un été terrible : près de 100.000 hectares de forêt ont déjà brûlé en France en 2026, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), un record en 20 ans de mesures satellitaires.

Six ministres accompagnent Sébastien Lecornu, dont ceux de l'Economie, de l'Intérieur et de l'Environnement.

Matignon assure que "la reconstruction sera accélérée, sans transiger sur la prévention et l'adaptation aux risques futurs", que la "priorité" sera "donnée aux sinistrés" suivis individuellement "pour le relogement puis la reconstruction", et que la "reconstruction de la forêt s'inscrira dans le temps long".

"On sait comment gérer notre forêt, on connaît nos besoins. Plutôt que d'organiser des commissions parlementaires ou d'envoyer des inspecteurs généraux, il faut d'abord nous aider à faire", pestait récemment Bruno Lafon, président de la DFCI (Défense des forêts contre l'incendie) Aquitaine, qui réclame "depuis 30 ans", "des facilitations de réglementation" et des "moyens" pour créer des pare-feu préventifs.

- "Ecouter" les locaux -

"+Faites-nous un plan Marshall+", implorait de son côté le maire du Porge.

"On n'a retenu aucune leçon de 2022", quand plusieurs incendies avaient parcouru plus de 30.000 hectares en Gironde, estime Irène, une habitante du Porge lundi.

La mairie de Saumos a, elle, exhorté Emmanuel Macron à "écouter" les locaux "avant de décider".

Le chef de l'Etat, qui doit recevoir lundi à Brégançon des maires de communes du Var affectées par le feu du Gros Bessillon, avait opposé aux critiques sur la gestion des incendies le fait d'avoir "quasiment doublé le budget de la sécurité civile" en dix ans, lors de sa visite à Bordeaux fin juillet.

Un décret instituant une aide temporaire et exceptionnelle en faveur des entreprises de moins de 250 salariés affectées en Gironde, dans les Landes (feu de Biscarrosse fin juillet, 3.700 hectares) et dans le Var (Gros Bessillon fin juillet-début août, 6.300 hectares) est entré en vigueur samedi.

Matignon rappelle également la prise en charge par l'Etat et les partenaires sociaux du chômage partiel pour les entreprises contraintes à fermer en raison des évacuations.

tsq-mer-bpa-lcr/alv

S.Vandenberghe--JdB