Bilan globalement "satisfaisant" des nappes phréatiques en France mais l'été reste incertain
Après une recharge "exceptionnelle" en février, les nappes phréatiques en France gardent des niveaux globalement "satisfaisants" mais ont commencé pour certaines à se vider après un mois de mars déficitaire en pluies, a annoncé vendredi le BRGM.
"Globalement, on a une situation qui est satisfaisante" alors que la France se trouve "en début de vidange de nappes", a indiqué lors d'une conférence David Ratheau, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières.
Au 1er avril, la plupart des nappes ont un niveau "autour de la normale et de modérément haut à très haut" avec 62% des points d'observation présentant un niveau au-dessus des normales mensuelles.
A l'échelle du pays, la situation est meilleure que celle de mars 2025 (52% des nappes au dessus des normales).
Cela est dû en grande partie à une "recharge exceptionnelle" en février, mois où la France avait été particulièrement arrosé en raison d'une succession de perturbations. Pour mars, la situation apparait "plus contrastée", avec un déficit de pluies observé sur de nombreuses régions qui, couplé au réveil de la végétation printanière, a entrainé un début de vidange sur plusieurs nappes réactives.
Ainsi, plus de la moitié (54%) des points d’observation présentent des niveaux en baisse à la fin mars.
C’est le cas des nappes du socle armoricain ou du socle limousin, des nappes des calcaires jurassiques du grand sud et sud-ouest du pays et de certaines nappes alluviales (y compris du littoral corse).
Les nappes du pourtour méditerranéen, où la pluie était encore bien présente le mois dernier, continuent elles à se recharger, à l'exception de celles des alluvions de l'Hérault et des calcaires des Grands Causses.
Les nappes très inertielles de Normandie, du centre du Bassin parisien, de l’Artois, le couloir Rhône Saône et les calcaires de l’Armagnac, présentent elles aussi des niveaux encore en hausse, mettant plus de temps à réagir au manque de précipitations en raison de leur nature géologique.
"Le bilan provisoire de la recharge hivernale 2025-2026 permet d’espérer des niveaux satisfaisants sur une grande partie des nappes réactives pour le trimestre prochain" mais "les prévisions à plus long terme restent incertaines", prévoit le BRGM.
"Il reste encore quelques semaines, quelques jours maintenant, avant que la végétation ne soit en pleine vie. Et cette végétation, comme elle a besoin de beaucoup d'eau, la moindre pluie sera captée" ou "évaporée à cause des températures", souligne David Ratheau.
"Donc c'est important qu'il pleuve encore un petit peu, au moins jusqu'au mois de mai", indique-t-il.
Dans ses tendances à trois mois (avril à juin), Météo-France estime que "le scénario plus chaud que la normale est le plus probable" mais aucune tendance ne se dessine pour les précipitations.
A.Thys--JdB