Des résultats 2025 en recul pour LVMH après une année "agitée"
Le numéro un mondial du luxe LVMH a ouvert mardi la saison de publication des résultats annuels 2025 du CAC 40 avec des résultats en recul, expliquant avoir fait les frais d'une année "agitée sur le plan économique et géopolitique" et prévoyant une année 2026 qui ne sera "pas très simple non plus".
Le bénéfice net du propriétaire de Louis Vuitton, Dior, Celine, Moët & Chandon ou encore Hennessy a baissé de 13% en 2025, à 10,9 milliards d'euros, pénalisé notamment par la surtaxe exceptionnelle imposée aux grandes entreprises au nom du redressement des finances publiques françaises.
Cette surtaxe a augmenté de 4 points le taux d'imposition du groupe, a fait savoir LVMH, sans préciser le montant effectivement payé - qu'il avait estimé l'an dernier entre "700 millions et 800 millions d'euros".
Le chiffre d'affaires du groupe a reculé de 5% en 2025, à 80,8 milliards d'euros, sous l'effet du contexte géopolitique et douanier international, marqué notamment par une conjoncture plus difficile pour les vins et spiritueux. Mais les ventes se sont améliorées au second semestre, avec un retour notamment de la clientèle en Asie et aux Etats-Unis.
"Les résultats du groupe sont solides" malgré "une année agitée sur le plan économique et géopolitique", et "2026 ne va pas être très simple non plus", a concédé le PDG Bernard Arnault, lors de la présentation des résultats.
"Et cette année, c'est sûr qu'avec la poursuite des crises géopolitiques, avec l'incertitude économique, avec les politiques de certains États dont le nôtre qui sont plutôt contre les entreprises pour les taxer un maximum, et donc créer du chômage, je pense qu'il y a de quoi être un peu réservé", a lancé le milliardaire.
En 2025, la rentabilité du géant français du luxe a légèrement baissé, avec une marge opérationnelle courante de 22%, contre 23% en 2024.
Mais "on voit les choses à long terme", a affirmé M. Arnault, annonçant que la famille Arnault, qui "a déjà près de 50% du capital" de LVMH, "va franchir dans le début de cette année les 50%".
Pour 2026, "malgré un contexte géopolitique et macroéconomique encore incertain, le groupe reste confiant", indique son communiqué.
Au quatrième trimestre, les ventes ont reculé de 5% à 22,7 milliards d'euros (mais ont augmenté de 1% hors effets de change).
- "On verra si ça va durer"-
En 2025, les ventes de la division phare du groupe, mode et maroquinerie, (Louis Vuitton, Dior, Celine, Fendi...) ont reculé de 8% à 37,8 milliards d'euros, malgré une amélioration au second semestre. La marge opérationnelle de la division est de 35%.
"L'évènement de la semaine, c'est le défilé Dior de haute couture, tout le monde se demandait comment cela allait se passer", a déclaré M. Arnault, rappelant que Jonathan Anderson n'avait jamais fait de haute couture et soulignant que l'accueil a été bon.
"La marque Dior en ce début d'année profite de son renouveau créatif, les produits sont très demandés en début d'année, on verra si ça va durer", a-t-il ajouté.
Louis Vuitton, "à l'inverse de Dior, n'est pas une affaire de mode, c'est une affaire de maroquinerie (...) Vuitton ne va pas faire d'hôtel, Vuitton se concentre au lieu de se diversifier", a aussi affirmé Bernard Arnault, alors que des rumeurs avaient évoqué la création d'un hôtel Vuitton sur les Champs-Elysées.
Côté mode, LVMH a annoncé avoir accru sa participation dans Loro Piana, spécialiste italien des cachemires, passant de 85 à 94%, pour un milliard d'euros.
En 2025, ce sont les ventes de vins et spiritueux qui ont été les plus touchées: elles ont chuté de 9% à 20,36 milliards d'euros, pâtissant d'effets de changes, des taxes douanières et d'une impossibilité d'augmenter des prix déjà élevés.
C'est un "contexte difficile en particulier pour le cognac qui est en Chine et au Etats-Unis frappé par des droits de douane qui ont dépassé nos prévisions", a déclaré M. Arnault. "On essaie de trouver un accord en Chine", a-t-il ajouté, sans précisions.
Le marché du champagne est "un peu moins porteur", a-t-il précisé. Mais "les vins rosés se développent très bien".
D.Verheyen--JdB