Journal De Bruxelles - Apple retente sa chance sur l'IA, avec l'aide de son rival Google

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Apple retente sa chance sur l'IA, avec l'aide de son rival Google
Apple retente sa chance sur l'IA, avec l'aide de son rival Google / Photo: Josh Edelson - AFP

Apple retente sa chance sur l'IA, avec l'aide de son rival Google

Apple a dévoilé lundi la refonte de son assistant Siri transformé en intelligence artificielle (IA) conversationnelle, contraint toutefois de l'adosser à la technologie de son rival Google, deux ans après l'échec d'une première tentative en interne.

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Attendu pour l'automne (sauf en Chine et en Europe pour cause de régulations), l'assistant d'Apple, renommé SiriAI, permettra de déléguer la rédaction d'emails, de rechercher à travers les applications ou de laisser l'outil interpréter ce qui s'affiche sur l'écran.

L'assistant, qui nécessite des appareils récents dotés des puces Apple, s'appuie sur une adaptation maison des modèles Gemini de Google, accroissant la dépendance du géant de Cupertino envers son voisin de Mountain View.

Apple, qui a fait de la confidentialité des données un argument commercial central, contrairement à Google, a insisté à plusieurs reprises dans sa présentation sur le fait que ces fonctions IA tournent uniquement dans son écosystème sécurisé.

La présentation, comme à l'habitude pré-enregistrée, a marqué la dernière apparition du patron d'Apple, Tim Cook, en ouverture de la conférence annuelle des développeurs (WWDC): "ce fut l'honneur d'une vie", a déclaré en conclusion celui qui cédera la direction générale au 1er septembre à John Ternus, responsable de l'ingénierie matérielle.

Quelques minute avant la diffusion de la "keynote", Tim Cook est venu saluer une dernière fois la communauté des développeurs réunie à Apple Park, essuyant une larme sous une salve d'applaudissements, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il y a deux ans, lors de la même conférence, Tim Cook avait annoncé qu'Apple franchissait un cap majeur pour intégrer massivement l'IA générative, dans le sillage de la frénésie qui avait saisi le secteur depuis la sortie de ChatGPT.

Mais le déploiement n'a jamais eu lieu: la très attendue refonte de l'assistant vocal Siri, vantée dans les publicités du groupe, ne s'est jamais concrétisée, valant à Apple un recours collectif de clients américains, qu'il a accepté de régler cette année pour 250 millions de dollars.

- Pari -

Le retard pris par Apple dans la course à l'IA n'est pas rédhibitoire pour nombre d'analystes: fort de plus de 2,5 milliards d'appareils actifs, Apple pourrait tirer son épingle du jeu une fois les usages grand public de l'IA arrivés à maturité.

"Apple fait un pari énorme sur l'IA: ne pas avoir besoin de dépenser des centaines de milliards par an en infrastructures d'IA (...) pour en récolter les fruits", écrit John Gruber, commentateur très suivi.

"L'IA est une technologie incroyablement puissante, capable de façonner la société en profondeur", a déclaré le responsable des logiciels d'Apple, Craig Federighi, dans la vidéo.

"Pourtant, certains semblent foncer tête baissée, comme s'ils poursuivaient l'IA pour l'IA, sans réel égard pour les gens", a-t-il ajouté, à l'appui de cette nouvelle stratégie.

Le groupe a aussi longuement présenté le renforcement du contrôle parental, au moment où les géants américains de la tech subissent une pression croissante de la société civile sur la protection des mineurs.

Malgré l'absence d'offre d'IA compétitive, l'action Apple a largement défié la pesanteur ces deux dernières années. Sa capitalisation dépasse 4.000 milliards de dollars, l'une des trois premières mondiales, derrière Nvidia et proche de Google.

Au trimestre clos fin mars, Apple a dégagé un bénéfice net de quasi 30 milliards de dollars (+19%), porté par des ventes massives de l'iPhone 17.

Les difficultés du groupe à développer ses outils d'IA en autonomie tranchent avec sa culture de maîtrise de bout en bout, des puces maison aux logiciels.

Elles le contraignent à accentuer son interdépendance avec Google. Les liens sont anciens: Google verse chaque année des dizaines de milliards de dollars pour être le moteur de recherche par défaut du navigateur Safari de l'iPhone.

Bon nombre des avancées présentées lundi sont similaires à celles déjà déployées auprès des utilisateurs par Google, qui a intégré l’assistance IA dans sa messagerie Gmail, son service de cartographie Maps et son système d'exploitation Android pour smartphones et tablettes.

Faute de logiciel d'IA abouti, Apple a dû repousser plusieurs appareils, selon Bloomberg, notamment un écran connecté domestique attendu fin 2026 et des lunettes connectées (fin 2027).

R.Michel--JdB