NBA: Jalen Brunson, kid devenu roi de New York
Jalen Brunson, auteur d'un match légendaire à 45 points samedi pour mener les New York Knicks à leur troisième sacre NBA, a été élu MVP des finales, un aboutissement pour cet ex-joueur sous-coté qui entretient un rapport intime avec sa ville.
Les grands joueurs brillent sur les grandes scènes, lorsque l'enjeu fait trembler les mains, comme celles des Spurs samedi soir. Jalen Brunson a lui prouvé qu'il était bien un immense joueur et son coeur de champion ne sera plus jamais, jamais, sous-estimé.
Alors que les Spurs menaient une nouvelle fois et étouffaient les Knicks avec leur défense, Brunson a pris les affaires en main dès le deuxième quart-temps, entamant un festival offensif qui l'a vu marquer 14 de ses 27 tirs, dont 4 sur 7 derrière l'arc.
Brunson a attaqué le panier, réussi des tirs à mi-distance, des flotteurs, et été solide sur la ligne des lancers francs (13 sur 15), inscrivant notamment 14 points dans le troisième quart-temps puis 15 dans le quatrième, quand les Spurs plafonnaient à 18.
C'est lui qui a égalisé à 4 minutes 45 de la sirène, provoqué une faute pour repasser en tête à 3 minutes 40, ou encore donné deux points d'avance à 1 minute 07 pour paver la voie d'un troisième titre aux Knicks. Le premier depuis 1973. Une éternité.
- Knicks dès l'enfance -
Le meneur aux tresses volantes a réussi son chef d'oeuvre et donné raison à la franchise new-yorkaise qui l'avait attiré en provenance de Dallas en 2022, lui donnant les clefs de l'équipe alors qu'il n'était qu'un lieutenant, lui qui n'avait été drafté qu'en 33e position en 2018.
Lorsque les Knicks le recrutent, la franchise est accusée de népotisme, elle qui vient d'engager son père Rick comme assistant - deux décisions prises par le directeur Leon Rose, ancien agent de Brunson père notamment.
Né et ayant grandi un temps dans le New Jersey, Brunson côtoie le mythique Madison Square Garden dès l'enfance, son père faisant notamment partie de l'équipe battue en finale par... les San Antonio Spurs en 1999.
Petit (1,88 m) dans ce championnat de géants, pas le plus rapide ni le plus athlétique, Jalen Brunson a progressé à son rythme, lui qui est devenu par nécessité "un battant", selon ses mots.
Il est devenu, à force de tirs décisifs dans les dernières minutes, le visage, impassible, de l'équipe.
Le masque s'est toutefois fissuré samedi soir: des sanglots ont suivi le coup de sifflet final, lorsqu'il a retrouvé son père toujours dans le staff new-yorkais, puis sa voix était encore très émue en conférence de presse.
- Pression -
"Je n'ai jamais ressenti de pression", a-t-il assuré en évoquant le pari des Knicks de faire de lui leur atout offensif N.1.
"La pression c'est mon père qui l'a connue avec 8 ou 9 contrats non garantis pendant sa carrière, se faire éjecter d'une équipe qui ne veut plus de vous, être envoyé je ne sais où dans le pays, quand votre famille est sur la côte Est. Ca, c'est de la pression (...) je suis chanceux d'être dans ma position, j'ai travaillé dur pour cela, je crois en moi, je n'ai jamais eu peur de l'échec."
Dans l'environnement new-yorkais qui scintille avec ses fans VIP Spike Lee, Ben Stiller ou encore Timothée Chalamet, le triple All-Star, chouchou du bouillant Madison Square Garden qui sait vénérer ses héros, assure n'avoir "jamais apprécié les projecteurs", préférant "une vie simple".
Formidable scoreur (32,4 points de moyenne en 2023-2024, 26,9 cette saison), tireur à sang froid en fin de rencontre - ce qui lui a valu un trophée du joueur le plus décisif en 2025 -, Brunson a pu retrouver une famille au sein de l'effectif, sans même parler de son père dans le staff ou de son ex-entraîneur Tom Thibodeau qui l'avait connu enfant.
Les Knicks, désormais coachés par Mike Brown, l'ont en effet entouré avec son grand ami Josh Hart, et Mikal Bridges. Le trio avait brillé il y a dix ans sous le maillot universitaire de Villanova, tissant des liens à vie.
"Gagner avec eux, c'est un sentiment incroyable", a-t-il conclu après être entré dans le coeur des New-Yorkais.
Y.Callens--JdB