Journal De Bruxelles - Mondial-2026: avec Montella, la renaissance de la Turquie s'écrit en italien

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Mondial-2026: avec Montella, la renaissance de la Turquie s'écrit en italien
Mondial-2026: avec Montella, la renaissance de la Turquie s'écrit en italien / Photo: Yasin AKGUL - AFP

Mondial-2026: avec Montella, la renaissance de la Turquie s'écrit en italien

Après vingt-quatre années d'attente, la Turquie, adversaire de l'Australie dimanche à Vancouver, est de retour en Coupe du monde grâce à son sélectionneur italien Vincenzo Montella qui a transformé depuis 2023 avec sa rigueur tactique une sélection souvent dévorée par sa fougue.

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S'il n'avait pas répondu favorablement aux dirigeants d'Adana Demirspor en 2021, Montella, qui fêtera ses 52 ans le 18 juin, aurait tourné depuis longtemps le dos au football. C'est en tous cas ce qu'il a soutenu en avril dernier dans un entretien à la Gazzetta dello Sport: "Aller à Andana, découvrir un autre monde, cela a rallumé la flamme en moi, l'étincelle de la passion".

Et l'ancien attaquant international italien (20 sélections, trois buts), nommé à la tête de la Turquie après deux saisons aux commandes d'Adana Demirspor (2021-23), l'a bien rendu à son pays d'adoption qui lui a offert la nationalité turque: il l'a conduit en quarts de finale de l'Euro-2024 et l'a qualifié pour son premier Mondial depuis 2002 en passant, contre la Roumanie (1-0) puis le Kosovo (1-0), l'obstacle des barrages qui a été fatal, comme pour 2018 et 2002, à l'Italie.

"Si on ajoute notre promotion en Ligue A de la Ligue des nations, j'ai vécu des moments extraordinaires. Rendre tout un peuple heureux, c'est pour moi la plus belle des récompenses", a assuré celui qui a fait l'essentiel de sa carrière sous le maillot de l'AS Rome (1999-2007 et 2008-09).

- Petit avion -

Surnommé quand il était joueur "l'Aeroplanino", le petit avion en référence à ses célébrations de but les bras écartés, Montella (225 buts en 477 matches toutes compétitions confondues durant sa carrière) a fait voyager la Turquie jusqu'en Amérique du nord en faisant la synthèse entre la passion turque et la rigueur tactique italienne.

"En Turquie, le football est considéré comme une religion. C’est un sentiment très fort (...) La culture turque est très proche de celle du village où j’ai grandi, dans la banlieue de Naples. Il y a beaucoup de respect, d’orgueil. Je me sens comme l’un d’entre eux", a-t-il expliqué début juin dans un entretien à la Fifa.

"Les résultats arrivent aussi grâce au talent qu’il y a au sein de l’effectif", a insisté Montella qui a lancé dans le grand bain les phénomènes Kenan Yldiz (Juventus Turin) et Arda Güler (Real Madrid), tous deux 21 ans.

"Il nous a apporté sa sérénité, sa façon de nous préparer pour les grands matches", a résumé Hakan Calhanoglu (32 ans).

Le maître à jouer de l'Inter Milan est le relais sur le terrain et dans les vestiaires de Montella qui ne parle pas turc et qui, outre Yldiz et Calhanoglu, a inclus dans sa liste de 26 joueurs pour le Mondial un troisième joueur évoluant en Serie A, Zeki Çelik (AS Rome).

"Hakan est un joueur extraordinaire qui connait bien le football et les dynamiques d'un match, il sait quand ralentir, quand accélérer, son leadership est capital", a-t-il apprécié.

Montella, sous contrat jusqu'en 2028, et ses joueurs sont très attendus par leurs compatriotes: la dernière fois que la Turquie a participé à une Coupe du monde, en 2002 au Japon et en Corée du Sud, elle s'était hissée à la surprise générale en demi-finales et avait terminé 3e.

"La Turquie de 2002 fait partie de ces grands outsiders qui ont réalisé un parcours historique en Coupe du monde (...) Les rêves seront toujours là", a prévenu Montella.

H.Dierckx--JdB