Biathlon: jouer le gros globe, "l'objectif" des prochaines saisons d'Océane Michelon
Tout va très vite pour Océane Michelon, double championne olympique aux Jeux de Milan Cortina (mass start et relais féminin), mais la biathlète sait qu'il faudra être plus patiente et régulière pour décrocher le gros globe, "l'objectif" des prochaines saisons.
La Savoyarde de 24 ans a fait le choix d'une pause volontairement plus longue pour entamer de la meilleure manière possible le cycle qui l'amènera vers les JO-2030 dans les Alpes françaises, où il y aura "plein de belles choses à aller chercher", assure-t-elle à l'AFP lors d'un entretien réalisé à Paris, où la biathlète est venue assister aux quarts de finale de Roland-Garros.
QUESTION: Comment est-ce qu'on se remet à l'entraînement après une saison aussi prolifique ?
REPONSE: "Je suis en phase de réathlétisation là depuis quelques jours. J'ai fait une trêve volontairement plus conséquente. On m'avait dit que les années olympiques étaient particulières. Effectivement, c'est dense, on en sort un peu fatigué tout de même. On a aussi la chance d'avoir eu le retour d'expérience des autres athlètes comme Quentin (Fillon Maillet), ce qui nous a permis d'avoir des repères et de planifier une reprise en douceur".
Q: Avec ces trois médailles olympiques, qu'est-ce qui va changer dans votre quotidien jusqu'au JO-2030 ?
R: "On a plein de choses à travailler avec Cyril (Burdet, entraîneur du groupe féminin, NDLR) car ces deux dernières années j'ai pris le cycle olympique en cours de route. Je suis curieuse de me relancer avec en ligne de mire les Jeux de 2030. Il y a plein de belles choses à aller chercher dans les prochaines saisons. En dehors du sport aussi, il y a plein de nouvelles sollicitations, rencontres. J'ai pu voler avec la patrouille de France par exemple. Je suis à Roland-Garros là. C'est pour cela qu'il fallait que je m'entoure (agent sportif, relation presse) pour être cadrée et aller dans la bonne direction, pour pouvoir m'entraîner de la meilleure façon possible".
Q: Quels sont vos axes de progression, justement ?
R: "J'aimerais continuer à bosser l'aspect physique. Au niveau du tir aussi, j'ai plein de petites choses à aller gratter, du temps sur ma réalisation, l'installation (sur le pas de tir)".
Q: Maintenant que vous êtes championne olympique, vous aimeriez jouer le gros globe ?
R: "C'est l'objectif. L'année dernière j'essayais d'être de plus en plus régulière. J'aimerais m'approcher petit à petit du top 3 (5e au général en 2025, 8e en 2026) et même du haut du classement général. C'est ce qui me motive".
Q: Qu'est-ce qui vous manque aujourd'hui pour y accéder ?
R: "De la patience peut-être et la gestion de mes réactions. Je peux être un peu dure avec moi-même. Il faut que je travaille la régulation de mes émotions, que je canalise toute cette énergie pour être la plus efficace possible. Je suis très perfectionniste, parfois à tort, mais on m'a dit aussi que c'était une des choses qui faisait que je pouvais être là où j'en suis aujourd'hui".
Propos recueillis par Arthur CONNAN.
U.Dumont--JdB