Trump au cœur des élections de mi-mandat, à quitte ou double pour les républicains
Plus que jamais, Donald Trump mise pour les élections de mi-mandat sur... Donald Trump. Mais plutôt qu'aider les républicains, il pourrait les desservir, son impopularité atteignant un niveau historique.
Au cours du dernier mois de campagne, le président américain a multiplié les déplacements à travers le pays, enchaînant presque quotidiennement les meetings. Le milliardaire républicain affirme être le seul capable de mobiliser l'électorat Maga.
"Trump est convaincu qu'il est la réponse à tous les problèmes du Parti républicain", résume Peter Loge, directeur de l'école des médias de l'université George Washington, interrogé par l'AFP.
Lors d'une convention républicaine en septembre, l'octogénaire avait exhorté les électeurs à "faire comme si (il était) sur le bulletin de vote, juste une fois de plus".
- Une impopularité record -
Si Donald Trump mise sur son historique de surprises politiques, de sa victoire électorale de 2016 à son retour à la Maison Blanche en 2024, sa cote de popularité a cette fois atteint un niveau historiquement bas, le plus faible pour un président à l'approche d'élections de mi-mandat depuis 1946.
"Globalement, la présence de Donald Trump dans les campagnes électorales risque plutôt de nuire aux républicains", estime Peter Loge. "D'une part parce que le parti du président subit traditionnellement des pertes lors des élections de mi-mandat, mais aussi parce qu'il est historiquement impopulaire."
Selon lui, le président peut certes mobiliser son socle électoral, mais "il n'y a tout simplement pas assez d'électeurs fidèlement trumpistes pour faire la différence".
Tandis que les républicains craignent de perdre le contrôle à la fois de la Chambre des représentants et du Sénat, le président a modifié ses plans pour tenir à plusieurs reprises des meetings dans des États autrefois considérés comme solidement ancrés dans le camp républicain, notamment le Texas.
- Une rhétorique plus agressive -
Cette fébrilité a teinté le discours de Donald Trump au fil de la campagne, ce dernier utilisant un langage toujours plus clivant et agressif lors de ses rassemblements.
Il a notamment qualifié le candidat démocrate Abdul El-Sayed de "jihadiste", multiplié les insultes transphobes contre une autre candidate démocrate et intensifié ses attaques contre les médias.
Et ce sans compter ses fréquentes digressions. Ces derniers jours par exemple, il a été obsédé par les fesses, qualifiant de "musclé" le postérieur du sénateur de l'Ohio Jon Husted et de "beau cul" celui de la rappeuse Nicki Minaj.
Si ces saillies sont applaudies par les fidèles du président, elles semblent rebuter un nombre croissant d'électeurs, qui pourraient choisir de s'abstenir lors des élections.
Une autre stratégie du milliardaire consiste à résoudre le problème à coups de promesses financières.
- Plus d'argent -
Il a promis le versement de 5.000 dollars à chaque citoyen américain adulte en cas de majorité républicaine au Congrès, malgré les interrogations sur la légalité d'une telle mesure et sur le financement de son coût estimé à 1.000 milliards de dollars.
Il a aussi multiplié les promesses à destination des électeurs touchés par la hausse des prix de l'énergie liée à la guerre avec l'Iran, évoquant notamment des aides aux agriculteurs, ou un allégement des sanctions contre le Canada pour soutenir les villes frontalières.
Au-delà de la campagne elle-même, l'enjeu pourrait surtout être la réaction de Donald Trump si les républicains venaient à perdre.
Il en a donné un aperçu la semaine dernière en affirmant avoir ordonné le dépôt d'un recours judiciaire pour contester le résultat du scrutin sénatorial en Alaska si le sénateur républicain sortant venait à perdre.
Il a également annoncé lundi une récompense d'un million de dollars pour toute information concernant des fraudes électorales et débouchant sur une condamnation ; une déclaration qui ravive les interrogations sur une éventuelle remise en cause des résultats des élections de mi-mandat, à l'image de ce qu'il avait fait après sa défaite à l'élection présidentielle de 2020.
"J'ai du mal à croire que le président Trump disparaisse discrètement de la scène" si les résultats lui sont défavorables, conclut Peter Loge.
E.Goossens--JdB