Journal De Bruxelles - Le conflit entre Washington et Ottawa s'envenime: Trump interdit des produits canadiens

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Le conflit entre Washington et Ottawa s'envenime: Trump interdit des produits canadiens
Le conflit entre Washington et Ottawa s'envenime: Trump interdit des produits canadiens / Photo: Alex WROBLEWSKI - AFP

Le conflit entre Washington et Ottawa s'envenime: Trump interdit des produits canadiens

Donald Trump a surenchéri mardi soir dans son conflit commercial avec Ottawa en interdisant d'importer certains produits canadiens aux Etats-Unis et en relevant les droits de douane sur d'autres marchandises.

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Cette riposte intervient alors que le Canada vient d'imposer de nouveaux droits de douane sur des produits américains, en réponse aux surtaxes mises en place par Washington depuis le 22 août à l'encontre de ses propres exportations.

Un responsable gouvernemental américain a affirmé devant des journalistes que les Canadiens avaient été prévenus que leur réaction allait envenimer les choses.

L'interdiction d'importer vise toutes sortes de boissons alcoolisées mais aussi un produit laitier comme le lactosérum ou les grosses motos de plus de 800 centimètres cubes. Elle entrera en vigueur le 29 septembre, selon un décret présidentiel.

Une série de produits, allant des matelas aux bateaux à moteur en passant par les voiturettes de golf, sera quant à elle frappée par une surtaxe de 50% à compter du 15 septembre, selon d'autres décrets publiés en même temps.

A l'inverse, quelques exportations canadiennes vont se trouver délestées de cette surtaxe punitive. Leur liste est nettement plus courte: le papier toilette en fait partie.

Pour justifier l'interdiction d'importer des boissons alcoolisées, le président Donald Trump met en avant le boycott, selon lui "discriminatoire", visant les alcools américains au Canada.

Depuis l'an dernier, les vins et les alcools américains ont disparu des étals dans la plupart des provinces canadiennes, qui ont le monopole de leur vente. Les Canadiens se sont ainsi rebiffés contre les nouveaux droits de douane américains mais aussi les appels répétés de Donald Trump à faire de leur pays le 51e Etat américain.

Plus récemment, la signature d'un décret pour changer le nom du lac Ontario, dont les eaux sont partagées entre les deux voisins, en "lac Amérique", est également très mal passée.

- Pari risqué -

Aucune sortie de crise ne semble se dessiner pour le moment.

Le Premier ministre canadien Mark Carney a averti mardi matin que la stratégie de son gouvernement visant à réduire la dépendance à l'égard des Etats-Unis aurait un "coût" économique à court terme pour le pays.

Le "coût de l'immobilisme" serait bien supérieur, a-t-il affirmé dans une vidéo publiée sur YouTube quelques heures après l'entrée en vigueur de la riposte douanière canadienne.

Soutenu par l'opinion publique canadienne, Mark Carney fait un pari risqué économiquement. Près de 60% des importations du Canada proviennent des Etats-Unis et environ 70% de ses exportations s'y rendent.

Le locataire de la Maison Blanche a par ailleurs entrepris mardi d'exclure les entreprises canadiennes d'un programme américain de commandes publiques, d'après un message sur sa plateforme Truth Social.

Il a affirmé avoir donné "instruction (...) de prendre toutes les mesures nécessaires pour RETIRER les produits d'origine canadienne" d'un système de contrats pluriannuels entre des fournisseurs privés et des acheteurs du secteur public.

Cette mesure, si elle est mise en oeuvre, pourrait pénaliser des exportations canadiennes jusqu'ici épargnées par les surtaxes, a estimé auprès de l'AFP Ryan Majerus, juriste spécialisé dans le droit commercial.

La veille, c'est le groupe canadien et fabricant de jets privés Bombardier qui a été menacé de boycott par Donald Trump.

Deux sénateurs républicains du Kansas (centre des Etats-Unis) où l'avionneur emploie plus de mille personnes, s'en sont émus. L'un d'eux, Jerry Moran, a indiqué sur son compte X "avoir contacté l'administration Trump pour (s')assurer que le président est conscient de l'importante contribution de Bombardier" dans cet Etat.

E.Heinen--JdB