Journal De Bruxelles - "Flottille pour Gaza" : la justice française enquête pour "tortures" sur les militants

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"Flottille pour Gaza" : la justice française enquête pour "tortures" sur les militants
"Flottille pour Gaza" : la justice française enquête pour "tortures" sur les militants / Photo: SIMON WOHLFAHRT - AFP

"Flottille pour Gaza" : la justice française enquête pour "tortures" sur les militants

La justice française a ouvert une enquête pour tortures et crimes de guerre suite à un signalement du Quai d'Orsay sur la manière dont des Français de la "flottille pour Gaza" ont été traités par Israël.

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Fin mai, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait annoncé avoir saisi la justice sur les mauvais traitements infligés aux membres français de cette flottille lors de leur détention provisoire en Israël.

Il avait expliqué avoir appuyé son signalement à la justice sur un rapport demandé au consul général en Turquie, faisant état "de violences sexuelles, d'exposition au froid, de coups, mais aussi d'humiliations répétées à l'encontre de ressortissants français".

Sollicité par l'AFP, le parquet national antiterroriste (Pnat) a indiqué avoir ouvert vendredi "une enquête préliminaire des chefs de tortures, au sens de la convention de New York du 10 décembre 1984, et de crimes de guerre", suite à ce signalement.

- Tollé -

Les investigations ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité.

Cette flottille d'une cinquantaine de navires a quitté la Turquie le 14 mai avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Les autorités israéliennes ont interpellé 430 militants - dont une trentaine de Français - à bord des bateaux. Arraisonnés en Méditerranée, à l'ouest de Chypre, ils ont été amenés de force en Israël puis détenus à la prison de Ktziot (sud), selon l'organisation israélienne de défense des droits humains Adalah. Ils ont ensuite été expulsés.

Entre-temps, le traitement réservé à des membres de la flottille, montrés agenouillés et les mains liées, dans une vidéo publiée par le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger.

"Il aura fallu que des ressortissants français soient violentés sous l'œil des caméras pour que le ministère se décide à faire un signalement au parquet. Les faits subis par les navigants de la flottille ne sont rien comparé à ceux que subit encore chaque jour le peuple palestinien", ont réagi auprès de l'AFP les avocats français de la Global Sumud Flotilla, Mes Romain Ruiz, Prisca Ancion, Camille Duprié, Hanna Bouchareb, Elsa Marcel, Chirinne Ardakani.

- Interdiction de territoire -

"Si nous accueillons positivement cette enquête, nous ne pouvons ignorer l'ambivalence du ministère public qui poursuit par ailleurs tous les soutiens de la Palestine dès que leurs voix s'élèvent", ont-ils ajouté.

"C'est une satisfaction que le parquet commence à prendre la mesure de ce qui se joue et de la gravité des crimes commis", a ajouté Me Vincent Brengarth, qui défend le journaliste d'Al Jazeera Hafedh Mribah et prépare une plainte.

Partis de Turquie, les militants de la "Global Sumud Flotilla" ("sumud" signifie "résilience" en arabe) voulaient attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza. En avril, une précédente "flottille pour Gaza" avait déjà été interceptée par Israël au large de la Grèce.

"Israël a pleinement le droit d'empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d'entrer dans nos eaux territoriales et d'atteindre Gaza", a estimé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en référence au mouvement islamiste palestinien ayant déclenché la guerre en lançant une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023.

Il a cependant jugé que les images publiées par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir n'étaient "pas conformes avec les valeurs d'Israël".

En Europe, plusieurs pays ont appelé l'UE a prendre des sanctions contre Israël et contre le ministre. Jean-Noël Barrot a annoncé que la France avait interdit l'accès à son territoire à M. Ben Gvir après la diffusion de cette vidéo.

K.Laurent--JdB