Le combat de MMA à la Maison Blanche suscite des critiques au sein même de l'UFC
Bien avant que ne soit porté le premier coup lors du combat de MMA organisé par Donald Trump à la Maison Blanche mi-juin, certains membres de la communauté des arts martiaux mixtes, habituellement favorables au président américain, multiplient les critiques.
Prévu le 14 juin, l'événement marque le 80e anniversaire du républicain, très lié à l'UFC, l'organisation qui domine le monde du MMA, et à son patron, Dana White.
Ce dernier a pourtant reconnu que la météo humide de la ville, connue pour ses étés chauds, et les moustiques, nombreux à Washington, pourraient perturber les combats.
Et tandis qu'une arène est en construction sur les pelouses de la Maison Blanche, les critiques émanant du secteur fusent.
Joe Rogan, l'un des podcasteurs de droite les plus connus d'Amérique, a par exemple reconnu dans l'un de ses podcasts qu'il trouvait "étrange" d'organiser un combat par une telle chaleur.
"Je n'aime pas ça", a-t-il renchéri fin mai.
Mais cette semaine, l'animateur conservateur a tempéré ses propos, assurant que c'était "tellement drôle de voir les gens s'affoler à ce sujet".
- "Tellement américain" -
"Il n'y a rien de plus américain qu'un combat de l'UFC sur la pelouse de la Maison Blanche. C'est tellement américain. C'est tellement Trump. C'est complètement fou", a-t-il assuré avec enthousiasme.
Au-delà des défis logistiques - quelque 4.500 invités doivent prendre place sur la pelouse sud de la Maison Blanche, et jusqu'à 100.000 autres pourront suivre les combats sur écran géant dans un parc adjacent - se pose la question du financement de l'événement, dont le coût est estimé à 60 millions de dollars, selon la presse américaine.
"L'UFC paye. Aucun argent public n'est utilisé" pour cette installation, a affirmé à l'AFP un responsable de la Maison Blanche le mois dernier.
L'un des combats opposera le Français Ciryl Gane au Brésilien Alex Pereira pour le titre mondial par intérim des poids lourds.
Et, au moment où les conséquences de la guerre en Iran continuent de peser sur la santé financière des Américains, de récent sondages révèlent un profond mécontentement face à la situation économique.
Sean Strickland, actuel champion des poids moyens de l'UFC, a affirmé avoir été exclu de l'événement pour avoir critiqué Donald Trump et son allié Benjamin Netanyahu sur la guerre en Iran que, selon lui, "aucun Américain n'approuve".
"De hauts responsables de l’UFC m’ont appelé – vous savez, des gros bonnets – et m’ont dit : +Sean, désolé, mais tu n’es pas assez israélien pour participer à l’UFC 250 Israel Edition. La Maison Blanche ne t’a pas donné son feu vert+", a-t-il dénoncé dans une vidéo sur Instagram.
- "Gouvernement corrompu" -
L'événement doit également célébrer les 250 ans de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis.
L'athlète, qui a été vivement critiqué par le passé pour ses propos racistes répétés, avait soutenu la candidature de Donald Trump à la présidentielle de 2024, mais s'en est depuis distancié.
L'UFC et sa société mère, TKO Group, n'ont pas répondu à l'AFP.
Un autre combattant de l'UFC, Bryce Mitchell, a lui affirmé que le gouvernement "bafouait son rôle au sein de la société".
"Le gouvernement ne devrait jamais organiser d'événements sportifs, car cela permet plus de corruption, et nous avons déjà un gouvernement corrompu", a-t-il ajouté.
Comme Sean Strickland, Bryce Mitchell a soutenu Donald Trump en 2024. Mais dans une récente publication Instagram, il a critiqué le président qui "détruit notre nation et mène une guerre qui n'a pas été votée".
Il a décrit dans ce même message le combat à la Maison Blanche comme "un abus flagrant de pouvoir politique visant essentiellement à pousser les gens à vénérer Donald Trump".
Bryce Mitchell a par le passé tenu des propos antisémites et homophobes.
Douze athlètes doivent concourir le 14 juin, dont l'Américain Justin Gaethke, qui a qualifié sa participation d'"honneur incroyable". Le Français Ciryl Gane a lui estimé que le combat serait une "belle vitrine" pour le MMA.
E.Goossens--JdB