Journal De Bruxelles - Royaume-Uni: l'indignation monte autour de l'arrestation d'un étudiant poignardé à mort

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Royaume-Uni: l'indignation monte autour de l'arrestation d'un étudiant poignardé à mort
Royaume-Uni: l'indignation monte autour de l'arrestation d'un étudiant poignardé à mort / Photo: - - Hampshire & Isle of Wight Constabulary/AFP

Royaume-Uni: l'indignation monte autour de l'arrestation d'un étudiant poignardé à mort

"Je n'arrive pas à respirer": la police britannique est sous le feu des critiques mardi, en particulier de l'extrême droite, après la diffusion d'une vidéo montrant des agents menotter en décembre un étudiant agonisant, accusé à tort d'injures racistes par son meurtrier.

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Vickrum Digwa, 23 ans, a été condamné lundi à la prison à vie assortie d'une peine de sûreté de 21 ans pour le meurtre d'Henry Nowak, 18 ans. Cet étudiant a été poignardé à mort à cinq reprises alors qu'il rentrait d'une soirée à Southampton, sur la côte sud de l'Angleterre, le 3 décembre 2025.

Son meurtrier, un jeune homme sikh, avait menti aux forces de l'ordre arrivées sur les lieux des faits en leur déclarant avoir été la victime d'une agression raciste et avoir agi en état de légitime défense après des insultes et des coups.

Les images diffusées par la police lundi soir après la condamnation du meurtrier montrent l'étudiant, allongé au sol à l'arrivée des agents, dire à plusieurs reprises d'une voix faible: "Je n'arrive pas à respirer" et "j'ai été poignardé".

La police échange avec Vickrum Digwa, debout à côté d'eux, avant de menotter Henry Nowak et lui signifier qu'il est en état d'arrestation, alors qu'il ne réagit plus.

La vidéo, montrée aux jurés pendant le procès, a été rendue publique par la police du Hampshire après "consultation de la famille d'Henry".

Vickrum Digwa doit à nouveau comparaitre mardi devant un tribunal de Southampton pour répondre de six chefs d'accusation liés à la possession d'armes - dont une machette et des épées -, découvertes par la police le lendemain du meurtre.

Doivent aussi comparaître Gurpreet Digwa, 27 ans, et Moga Singh, 52 ans, son frère et son père, selon les médias britanniques.

- "Deux vitesses" -

Le bureau du procureur général a indiqué mardi qu'il allait se pencher sur la peine infligée à Vickrum Digwa, après avoir reçu de "nombreuses demandes" dont celle du chef du parti anti-immigration Reform UK, Nigel Farage. Une décision sera annoncée d'ici 28 jours, pour éventuellement renvoyer l'affaire devant la cour d'appel.

"Nous vivons dans un pays à deux vitesses, où les droits et les privilèges des Blancs comptent moins que ceux des minorités ethniques", a dénoncé mardi Nigel Farage dans une vidéo, à deux semaines d'une élection partielle en Angleterre, où Reform UK espère voir son candidat l'emporter sur celui du Parti travailliste.

Il a souligné que les mots prononcés par Henry Nowak ("Je n'arrive pas à respirer") étaient les mêmes que ceux de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc en 2020 aux Etats-Unis.

Le militant d'extrême droite Tommy Robinson a dénoncé sur X des "pratiques policières racistes qui visent les Blancs", et a annoncé qu'il irait manifester en fin de journée devant le commissariat de Southampton.

"Quelque chose a terriblement mal tourné dans le maintien de l'ordre", a également réagi Kemi Badenoch, la cheffe du parti conservateur, sur la chaîne ITV.

L'intervention policière avait aussi suscité les critiques du milliardaire américain Elon Musk, qui s'était dit prêt à financer une action en justice contre la police du Hampshire.

L'arrestation fait l'objet d'une enquête de la police des polices (IOPC).

Le Premier ministre travailliste Keir Starmer, qui avait qualifié lundi l'affaire d'"horrible et choquante", a appelé mardi l'IOPC à mener son enquête "aussi rapidement que possible et à apporter des réponses", selon son porte-parole.

Downing Street a également assuré qu'il "n'y a pas de maintien de l'ordre à deux vitesses".

Le père de l'étudiant, Mark, a appelé à une enquête "complète, courageuse et transparente", estimant que son fils avait été traité par la police de manière "inhumaine et dégradante".

Le chef adjoint de la police du Hampshire, Robert France, avait présenté ses excuses vendredi, assurant que les agents avaient été "trompés" par les mensonges de Vickrum Digwa.

Ce dernier a attaqué Henry Nowak avec un couteau d'une vingtaine de centimètres, qu'il a déclaré porter dans le cadre de sa foi.

Sa famille a présenté ses excuses à la famille d'Henry Nowak, ainsi qu'à la communauté sikhe pour avoir "injustement porté atteinte à (sa) réputation".

P.Renard--JdB