Journal De Bruxelles - Rubio en émissaire pour apaiser les tensions avec le pape

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Rubio en émissaire pour apaiser les tensions avec le pape
Rubio en émissaire pour apaiser les tensions avec le pape / Photo: ALEX WONG - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Rubio en émissaire pour apaiser les tensions avec le pape

Entre le pape américain et l'administration Trump, le temps n'est pas trop à la bénédiction.

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Mais en rencontrant Léon XIV jeudi au Vatican, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'efforcera d'apaiser les choses tout en faisant valoir les positions du président Donald Trump.

Avant son déplacement, M. Rubio, lui-même fervent catholique, s'est attaché à relativiser ce qui ressemble à des invectives du président américain vis-à-vis du pape, sur fond de guerre au Moyen-Orient et de lutte contre l'immigration.

"C'est un voyage que nous avions prévu auparavant et il s'est évidemment passé des choses", a-t-il dit mardi pendant une conférence de presse à la Maison Blanche.

"Il y a beaucoup de choses à discuter avec le Vatican", a ajouté le secrétaire d’Etat, évoquant en particulier la liberté de religion.

Au premier jour de sa visite en Italie, M. Rubio doit se rendre presque dès son arrivée au Vatican pour une audience privée à huis clos d'environ 45 minutes avec Léon XIV, à 09h30 GMT.

Il aura également un entretien avec le secrétaire d’Etat du Vatican, Pietro Parolin, et rencontrera la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, vendredi.

"On l'écoutera", a déclaré mercredi ce dernier à des journalistes, soulignant que l'entretien est à l'initiative de Washington.

"J'imagine qu'on parlera de tout ce qui s'est passé ces derniers jours. On ne peut pas ignorer ces sujets", a-t-il ajouté au Vatican.

- "Honnêteté" -

Loin de l'euphorie des premiers jours, alors que l'administration Trump se félicitait de l'élection il y a un an du premier pape américain de l'histoire, les relations avec le Saint-Siège se sont sérieusement dégradées.

Le président américain a surpris en s'en prenant à Léon XIV, qu'il a qualifié de "faible" face à la criminalité et "nul" en matière de politique étrangère.

Lundi, pendant un entretien avec un podcasteur conservateur, le dirigeant républicain avait estimé que Léon XIV "pense que ce ne serait pas un problème que l'Iran ait l'arme nucléaire", l'accusant de "mettre en danger beaucoup de catholiques et beaucoup de gens".

Le pape a répondu en déclarant: "Si quiconque veut me critiquer pour prêcher l'Evangile, qu'il le fasse avec honnêteté. L'Eglise s'oppose depuis des années à toutes les armes nucléaires, il n'y a aucun doute à ce sujet".

Le pape et Marco Rubio s'étaient déjà rencontrés au Vatican avec le vice-président américain JD Vance, catholique converti, quelques jours seulement après l'élection de Léon XIV.

Le pape, âgé de 70 ans, célébrera vendredi sa première année à la tête des 1,4 milliard de catholiques dans le monde.

Premier pape américain de l'histoire, qui plus est originaire de Chicago, fief démocrate, ce dont M. Trump ne se prive pas de souligner, ses paroles ont sans doute pesé plus lourd à Washington que celles de ses prédécesseurs – et il s'en est servi, s'en prenant notamment à la politique d'immigration restrictive de l'actuel gouvernement américain.

Mais c'est son discours pacifiste de plus en plus marqué, en particulier après le début des attaques américano-israéliennes contre l'Iran, qui a suscité l'ire de Donald Trump.

Léon a ainsi qualifié d'"inacceptable" la menace de ce dernier de détruire l'Iran.

Mais s'en prendre au pape "est un peu étrange. Le pape joue au pape", a affirmé Pietro Parolin.

- Et Cuba -

L'autre dossier chaud, Cuba, devrait être abordé lors de ces entretiens jeudi.

En annonçant le déplacement du secrétaire d'Etat, le département d'Etat y a fait clairement allusion en évoquant "l'hémisphère occidental", le terme désigné aux Etats-Unis pour parler de l'Amérique latine.

Le Saint-Siège joue depuis longtemps un rôle actif dans la diplomatie concernant Cuba, où Marco Rubio – dont les parents sont d'origine cubaine – a dirigé les efforts de l'administration Trump pour faire pression sur le gouvernement communiste.

Depuis la chute du président vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié de La Havane, capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l'île déjà soumise à un embargo américain depuis plus de six décennies.

Le pape connaît bien l'Amérique latine: il a acquis la nationalité péruvienne en 2015 après y avoir travaillé plus de 20 ans comme missionnaire.

U.Dumont--JdB