Journal De Bruxelles - Guerre au Moyen-Orient: le 1er trimestre de TotalEnergies dopé par la flambée des prix des hydrocarbures

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Guerre au Moyen-Orient: le 1er trimestre de TotalEnergies dopé par la flambée des prix des hydrocarbures

Guerre au Moyen-Orient: le 1er trimestre de TotalEnergies dopé par la flambée des prix des hydrocarbures

TotalEnergies a publié mercredi un bénéfice en très forte hausse au premier trimestre, dans le sillage de la flambée des prix des hydrocarbures liée à la guerre au Moyen-Orient, qui a relancé en Europe le débat sur la taxation des profits exceptionnels des groupes pétroliers.

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Le bénéfice trimestriel du géant français pétrogazier atteint 5,8 milliards de dollars (4,96 milliards d'euros), en progression de 51% sur un an, une performance qui souligne sa "capacité à capturer la hausse des prix", a déclaré son PDG, Patrick Pouyanné, cité dans un communiqué.

Greenpeace France a dénoncé de son côté mercredi une "logique cynique des géants du pétrole comme TotalEnergies qui transforment des drames humains en opportunités financières, tandis que les ménages paient le prix fort à la pompe".

Avec une croissance de 4% de sa production de gaz et de pétrole au premier trimestre, TotalEnergies a pu compenser ses pertes opérationnelles au Moyen-Orient, équivalentes à 15% de son activité mondiale dans les hydrocarbures, grâce aux démarrages et à la montée en puissance de nouveaux projets au Brésil et en Libye, des barils très rentables qu'il a pu valoriser à des prix élevés.

Ses résultats sont également portés par une hausse de 12% de la production de gaz naturel liquéfié (GNL), le gaz transporté par bateau, très prisé en Europe et Asie.

Au-delà de leur forte hausse, les cours du gaz et du pétrole ont également fortement fluctué, le pétrole tutoyant même avec les 120 dollars le baril courant mars, au premier mois de la guerre, ce qui a permis aux traders de TotalEnergies d'engranger des gains.

Ils ont ainsi "tiré parti de la volatilité des marchés" dans les activités de négoce (achat-vente) de GNL, a précisé le groupe, tandis qu'ils ont réalisé "une très forte performance" dans le négoce de brut et de produits pétroliers.

"Le premier trimestre 2026 a dépassé le consensus (des analystes) grâce à une solide performance de l’activité de trading", ont souligné les analystes d'Oddo BHF dans une note.

Début avril, le Financial Times avait révélé que TotalEnergies avait généré plus d'un milliard de dollars de gains en achetant au Moyen-Orient la quasi-totalité des cargaisons de pétrole exportables, sans passer par le stratégique détroit d'Ormuz bloqué par Téhéran.

Cette opération hors norme n'a été ni confirmée, ni démentie par l'entreprise, qui avait en revanche indiqué à l'AFP devoir "sécuriser ses approvisionnements pour elle-même comme pour ses clients".

- Hausse du dividende -

Fort de ces performances du premier trimestre, le groupe a décidé de gratifier ses actionnaires en augmentant le dividende de 5,9%, à 0,90 euro par action. C'est la "plus forte croissance de dividende parmi les majors pétrolières", a-t-il relevé.

Mardi, la compagnie britannique BP avait ouvert le bal de la saison des résultats des "majors" pétrolières occidentales en présentant elle aussi un bénéfice net trimestriel en forte hausse, à 3,8 milliards de dollars, porté par les gains issus de son activité de négoce de produits pétroliers, dopée par la guerre au Moyen-Orient.

Déclenchée le 28 février par l'offensive des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, la guerre a entraîné en réaction le blocage par Téhéran du détroit d’Ormuz, corridor stratégique où transitent habituellement environ 20% du brut mondial, ce qui a provoqué une chute brutale de l'approvisionnement et une flambée des prix.

Ce contexte a relancé le débat politique en Europe sur la taxation des superprofits pétroliers, idée à laquelle le Premier ministre français Sébastien Lecornu a dit début avril ne pas avoir "d'objection de principe".

Il faisait alors référence à l'initiative prise par cinq pays européens (Espagne, Autriche, Allemagne, Italie et Portugal) qui appellent à taxer les bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises du secteur énergétique en raison du conflit au Moyen-Orient, comme en 2022 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

P.Renard--JdB