Journal De Bruxelles - Catastrophe ferroviaire en Espagne: un nouveau corps découvert, et toujours beaucoup de questions

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Catastrophe ferroviaire en Espagne: un nouveau corps découvert, et toujours beaucoup de questions

Catastrophe ferroviaire en Espagne: un nouveau corps découvert, et toujours beaucoup de questions

Un nouveau corps a été découvert mardi après-midi dans les décombres de la catastrophe ferroviaire à Adamuz (Andalousie), dans le sud de l'Espagne, après la collision de deux trains, portant le bilan à au moins 42 morts, un drame qui suscite beaucoup de questions.

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Le nombre de morts dans cet accident n'est donc toujours pas définitif près de 48 heures après et les engins s'affairent sur place pour dégager des décombres les dépouilles qui pourraient encore s'y trouver.

"Une nouvelle victime a été retrouvée dans l'un des wagons Alvia (le train de la Renfe, ndlr) cet après-midi, portant le nombre de morts à 42", ont indiqué dans un communiqué les autorités régionales andalouses.

Selon les médias espagnols, l'enquête est centrée sur l'existence d'une fissure de plus de 30 cm de long sur la voie à l'endroit de l'accident.

Le gestionnaire du réseau ferroviaire espagnol (Adif) a par ailleurs annoncé réduire "temporairement" la vitesse sur un tronçon de la ligne à grande vitesse entre Madrid et Barcelone.

"Des conducteurs ont signalé des nids-de-poule et, par sécurité, nous avons mis en place cette limitation. Cette nuit, la maintenance vérifiera la situation et, si tout est en ordre, cette limitation sera levée", a indiqué l'opérateur à l'AFP.

Au premier des trois jours de deuil national, le roi Felipe VI et la reine Letizia sont venus témoigner leur "affection" aux proches des victimes et aux rescapés.

Après être restés une heure sur les lieux de l'accident, les souverains se sont rendus à l'hôpital Reina Sofía de Cordoue, à 35 kilomètres de là, où sont soignés certains des blessés.

Trente-sept personnes, dont quatre enfants, restent hospitalisées, parmi lesquelles neuf adultes sont toujours en soins intensifs.

Un train de la Renfe, la compagnie nationale espagnole, qui arrivait au même moment dans l'autre sens en direction de Huelva (sud), avait alors heurté de plein fouet ces voitures, dans un choc effroyable.

Les deux trains à grande vitesse, qui allaient à plus de 200 km/heure au moment de la collision, transportaient au total plus de 500 passagers.

Les débats se concentrent désormais sur les causes de cet accident "extrêmement étrange", selon les termes employés par le ministre des Transports, Oscar Puente.

- Cause ou conséquence? -

La collision est en effet survenue dans une ligne droite, sur une portion de voie rénovée, alors même que trois trains étaient passés au même endroit "20 minutes avant" sans que "personne ne signale la moindre anomalie sur la voie", a affirmé M. Puente mardi matin.

L'enquête, avait-il dit lundi, doit déterminer si la rupture d'un tronçon de la voie, clairement visible sur certaines photos, est "la cause ou la conséquence" du déraillement à l'origine de la collision.

C'est la seule piste des enquêteurs à ce stade, car la vitesse des trains n'est pas en question et "l'erreur humaine est pratiquement écartée", avait assuré dès lundi le président de la Renfe, Álvaro Fernández Heredia.

Il en avait déduit que la faute était peut-être due "au matériel roulant d'Iryo ou à un problème d'infrastructure".

Pour sa part, le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a écarté l'hypothèse d'un acte de sabotage. Il n'y a "jamais eu le moindre élément permettant de l'envisager", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse.

Face à l'émotion suscitée dans tout le pays par ce drame, le Premier ministre Pedro Sánchez a promis une "transparence absolue" et "la vérité" sur cette catastrophe, survenue plus de dix ans après un autre déraillement meurtrier, qui avait fait 80 morts en 2013 près de Saint-Jacques-de-Compostelle (nord-ouest).

Un premier rapport préliminaire sur l'accident pourrait être publié dans "deux ou trois mois", avant une version définitive dans un délai maximal d'un an, a précisé César Franco, président du Conseil des ingénieurs industriels.

D.Verstraete--JdB