Journal De Bruxelles - A Venise, Jude Law dans la peau du maître du Kremlin

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A Venise, Jude Law dans la peau du maître du Kremlin
A Venise, Jude Law dans la peau du maître du Kremlin / Photo: Stefano RELLANDINI - AFP

A Venise, Jude Law dans la peau du maître du Kremlin

Jude Law a scruté des images du président russe Vladimir Poutine jusqu'à l'"obsession" pour préparer son rôle dans "Le mage du Kremlin", film qui ausculte les dynamiques de pouvoir à Moscou, présenté dimanche à la Mostra de Venise (Italie).

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En 2024, un film sur l'ascension du président américain Donald Trump ("The Apprentice") avait déjà créé l'événement lors de sa projection au festival de Cannes (France).

Cette fois-ci, c'est l'homme fort du Kremlin, aux affaires depuis 2000, qui est porté à l'écran. Pour ce rôle, l'acteur britannique, un des plus célèbres de sa génération, porte une perruque et s'est mis au judo.

"C'est dingue ce qu'on peut faire avec une bonne perruque", a-t-il ironisé en conférence de presse. Il a expliqué peu connaître au départ la vie et la personnalité de Vladimir Poutine et s'être appuyé sur les images et vidéos de lui en circulation. A un moment, "ça devient une sorte d'obsession, on cherche toujours plus de matériel récent".

C'est la première fois qu'un acteur de cette envergure joue Vladimir Poutine. Pour Jude Law, accepter un tel rôle s'est fait sans crainte.

"Je n'ai pas eu peur de répercussions. Je me sentais en confiance entre les mains d'Olivier (Assayas, le réalisateur) et le scénario était une histoire qui allait être racontée de manière intelligente, avec nuance", a déclaré la star de 52 ans.

Mais "Le mage du Kremlin" n'est pas un film sur l'ascension de Poutine. C'est un long-métrage sur "la transformation de la politique", selon Olivier Assayas, 70 ans, en particulier pour les gens de sa génération.

- Le tsar -

Adapté du roman à succès de Giuliano da Empoli, le film suit la carrière de Vadim Baranov (Paul Dano), conseiller de l'ombre de Vladimir Poutine largement inspiré de Vladislav Sourkov, son éminence grise.

De la dislocation de l'URSS au début des années 1990 jusqu'à l'annexion de la Crimée ukrainienne par la Russie en 2014, le film chronique plus de deux décennies de vie politique russe, marquées par l'accession au pouvoir de Vladimir Poutine - "le tsar", comme l'appelle Vadim Baranov.

Tournée en Lettonie, l’œuvre se veut une fiction éclairante sur les ressorts du pouvoir en Russie et l'état d'esprit de revanche sur l'Occident qui y règne.

On y croise une galerie de personnages ayant marqué l'actualité ces dernières années, comme Evguéni Prigojine, l'ancien patron du groupe de mercenaires Wagner, ou l'oligarque Boris Berezovski, tous deux décédés.

Le film a été entièrement tourné en anglais. Une évidence pour le scénariste et écrivain français Emmanuel Carrère, fin connaisseur de la Russie, qui s'est senti autorisé à le faire grâce au succès de la série "Chernobyl".

- Polémique Mubi -

Produit par Gaumont, aux ambitions internationales affirmées, "Le mage du Kremlin" doit sortir en France en janvier 2026.

Il n'a pas manqué de faire déjà réagir le Kremlin. "Poutine est l'un des dirigeants les plus expérimentés et les plus brillants de la planète. On peut difficilement surestimer son influence sur les affaires internationales. Il est donc bien naturel que divers pays du monde s'intéressent à lui", a jugé son porte-parole, Dmitri Peskov.

Autre film en lice pour le Lion d'or projeté dimanche, "Father Mother Sister Brother" de l'Américain Jim Jarmusch est un triptyque qui aborde le thème des relations familiales.

A travers trois histoires et un casting cinq étoiles (Adam Driver, Cate Blanchett, Tom Waits), le réalisateur de "Ghost Dog" examine les rapports entre des enfants devenus adultes et leurs parents, mais aussi entre frères et soeurs.

Le film doit être distribué par Mubi, mis en cause par des artistes pour avoir accepté un investissement d'un fonds de capital-risque lié à l'armée israélienne.

"Ma relation avec Mubi a commencé bien avant cela et ils ont été fantastiques sur ce film", a déclaré le cinéaste américain devant la presse. "J'ai bien sûr été déçu et assez déconcerté par cette relation."

Le patron de la plateforme, Efe Cakarel, avait répondu début août dans une lettre à ses détracteurs, niant que le travail de Mubi soit "lié au financement de la guerre" dans la bande de Gaza dévastée par les opérations militaires israéliennes, où l'ONU a récemment déclaré l'état de famine.

W.Dupont--JdB