Journal De Bruxelles - Bannissement, Mondial en suspens, sponsors remerciés: la Russie face aux sanctions sportives

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Bannissement, Mondial en suspens, sponsors remerciés: la Russie face aux sanctions sportives

Bannissement, Mondial en suspens, sponsors remerciés: la Russie face aux sanctions sportives

L'invasion russe en Ukraine continue d'avoir des conséquences lourdes sur le sport professionnel, à commencer par la recommandation du Comité international olympique (CIO) de bannir les sportifs russes des compétitions, moins d'une semaine avant l'ouverture des Jeux paralympiques à Pékin, qui s'ajoute aux appels à une exclusion de la Russie du Mondial-2022 et à des ruptures de contrats de sponsoring.

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- CIO recommande le bannissement -

Le Comité international olympique (CIO) a recommandé lundi de bannir les Russes et les Bélarusses des compétitions sportives.

Dans un communiqué, la Commission exécutive du CIO "recommande aux Fédérations internationales de sport et aux organisateurs de manifestations sportives de ne pas inviter ou de permettre la participation d'athlètes et de représentants officiels russes et bélarusses aux compétitions internationales".

Autre mesure, symbolique mais forte, elle a aussi retiré "l'ordre olympique" - distinction honorifique attribuée à des personnalités "ayant illustré l'idéal olympique" - à tous les hauts responsables russes, à commencer par le président Vladimir Poutine.

- Parias -

D'ores et déjà, les fédérations suédoise et norvégienne de ski ont fait savoir que les sportifs russes n'étaient pas les bienvenus sur leurs territoires pour les épreuves de mars. Et les autorités britanniques ont prévenu que "les sélections nationales" russes et bélarusses étaient persona non grata. Les basketteurs bélarusses en ont déjà fait les frais.

Ces derniers jours, la Fédération internationale de ski (FIS) avait annoncé l'annulation de toutes ses compétitions en Russie et la Fédération internationale de biathlon (IBU) avait banni hymnes et drapeaux de la Russie et du Bélarus. En réponse, les Russes ont mis un terme à la saison de leurs biathlètes.

La Finlande a demandé l'exclusion de la Russie, nation majeure du hockey, de ses Mondiaux en mai.

Judoka accompli, le président russe Vladimir Poutine a été suspendu de son statut de président honoraire et ambassadeur de la fédération internationale de judo.

- Vers une exclusion du Mondial? -

La Fédération internationale de football (Fifa) est en "discussions avancées" pour suspendre la Russie des compétitions internationales, dont le Mondial-2022 au Qatar ((21 novembre-18 décembre), a appris l'AFP lundi de source ayant connaissance des discussions.

La Fifa travaille avec la Confédération européenne (UEFA) pour acter dès lundi cette décision, qui exclurait du Mondial la Russie, "à moins que la situation ne s'améliore", explique cette même source.

Dès samedi, la Pologne, qui doit disputer un match de barrage pour le Mondial le 24 mars contre la Russie, avait annoncé qu'elle refusait de jouer. Elle a été imitée par la Suède et la République tchèque, possibles adversaires des Russes lors de la suite des barrages.

- L'UEFA songe à se passer de Gazprom -

Après avoir retiré à Saint-Pétersbourg la finale de la Ligue des champions, l'UEFA semble sur le point de dénoncer son partenariat avec Gazprom, également résilié par le club allemand de Schalke 04. Manchester United a de son côté décidé de se passer d'Aeroflot.

- Sotchi sans F1 -

Sotchi est un symbole du "soft power" sportif russe. Ville hôte des Jeux d'hiver en 2014, elle accueille aussi le Grand Prix de Russie de Formule 1. Mais ce ne sera pas le cas cette saison: le promoteur de la compétition, Formula One, l'a annulé.

L'écurie américaine Haas a de son côté remis en cause son partenariat avec son sponsor russe Uralkali. Et l'avenir en F1 de Nikita Mazepin, fils d'un dirigeant d'Uralkali, qui devait piloter une des deux monoplaces, semble remis en question.

- Le cas Abramovitch -

Personnage majeur de la Premier League depuis 15 ans, l'oligarque russe Roman Abramovitch, propriétaire de Chelsea, a annoncé samedi qu'il confiait "aux administrateurs de la fondation caritative de Chelsea la gestion" du club londonien, un retrait encore flou. Autre cas sensible, l'AS Monaco, propriété du milliardaire russe Dimitri Rybolovlev. Le club monégasque est très discret sur le sujet.

- Les adversaires font défaut -

Il n'y a pas que le football où les Russes constatent les réticences d'adversaires à les affronter: les escrimeurs ukrainiens, qui devaient affronter dimanche les Russes en Coupe du monde par équipes de fleuret au Caire, se sont retirés de la compétition. Vêtus en jaune et bleu, les membres de l'équipe masculine ont brandi des pancartes: "Arrêtez la Russie ! Arrêtez la guerre !".

- Ni boxe ni natation -

Les quatre grandes fédérations de la boxe n'autoriseront plus de combats en Russie. La Fédération internationale de natation (Fina) a annulé les Mondiaux junior de Kazan en août et prévenu qu'aucune compétition ne serait tenue en Russie.

La participation des trois clubs russes alignés en Euroligue de basket a été suspendue lundi et leurs résultats pourraient être annulés "si la situation n'évolue pas dans la bonne direction".

En football, Leipzig discute avec l'UEFA de l'opportunité de disputer son match de Ligue Europa contre le Spartak Moscou. A condition que celui-ci ait bien lieu: selon l'agence allemande SID, filiale sportive de l'AFP, l'UEFA serait sur le point de suspendre la Russie de toutes ses compétitions.

- Volley: boycott franco-polonais -

Prévus du 26 août au 11 septembre, les Mondiaux de volley-ball semblent menacés même si la fédération internationale n'a pas encore réagi. Polonais et Français, respectivement champions du monde et olympiques, ont prévenu qu'ils seraient forfait si la compétition était maintenue en Russie.

Y.Simon--JdB