Dédiée aux enfants, la console Nex Playground vise l'Europe malgré les débats sur les temps d'écran
"Du temps d'écran bon pour la santé" : le PDG de Nex Playground, console de jeu principalement destinée aux enfants et très populaire outre-Atlantique, veut désormais séduire un marché européen de plus en plus sensible au temps d'écran des plus jeunes.
De passage cette semaine à Cologne (Allemagne) pour la Gamescom, plus grand salon européen du jeu vidéo, le patron et cofondateur de l'entreprise californienne, David Lee, est venu y présenter sa création : un petit cube en plastique jaune et bleu, doté d'une caméra exploitant l'intelligence artificielle et dépourvu de manettes.
Le joueur interagit avec la console en se déplaçant et en agitant les bras et les jambes, découpant des fruits virtuels d'un revers de la main ou reproduisant des pas de danse.
Baptisée "motion gaming", cette technologie a connu de beaux jours au début des années 2010 sur la Xbox de Microsoft avec Kinect, un dispositif similaire écoulé à plusieurs dizaines de millions d'exemplaires et depuis tombé en désuétude.
Mais "tous les temps d'écran ne se valent pas", estime auprès de l'AFP cet ancien employé d'Apple, parti fonder sa propre entreprise en 2017.
Avec sa console, il assure apporter "un temps d'écran actif et bon pour la santé".
- Bluey et Peppa Pig -
Lancée en 2023 aux Etats-Unis, la Nex Playground s'est écoulée à 5.000 exemplaires la première année, puis 150.000 unités l'année suivante.
En novembre 2025, elle crée la surprise en dépassant brièvement aux Etats-Unis les ventes des Xbox Series de Microsoft, l'un des trois mastodontes du secteur avec Sony et Nintendo, s'imposant comme l'un des jouets phares des fêtes de fin d'année en Amérique du Nord.
Moins puissante et moins chère - initialement vendue 250 dollars hors taxes, son prix a depuis grimpé à 299 dollars à cause de la hausse du prix de la mémoire RAM -, cette console a depuis franchi le cap du million de ventes.
Pour son lancement au Royaume-Uni et en Irlande en juin, l'entreprise, qui compte quelque 200 salariés, a signé plusieurs partenariats, notamment avec la BBC, pour développer des titres autour de dessins animés comme Bluey et Peppa Pig.
Mais pour pouvoir atteindre des marchés non anglophones, l'entreprise doit traduire jeux et interface dans la langue du pays, la console étant principalement destinée aux familles avec des enfants âgés de 3 à 12 ans.
- Limiter le temps d'écran -
C'est la raison pour laquelle elle n'arrivera sur le marché allemand que d'ici la fin de l'année, puis "potentiellement l'an prochain" en France.
"Le travail de localisation a déjà commencé", confirme David Lee, mais "il y a beaucoup à faire : nous souhaitons collaborer avec des studios locaux" et "nous assurer de respecter la législation".
La France, comme de nombreux pays européens, cherche à réduire l'exposition des plus jeunes aux écrans. Un rapport rendu en 2024 préconise ainsi de limiter fortement l'accès aux écrans des moins de six ans, tandis qu'un comité d'experts doit rendre ses conclusions d'ici la fin de l'année sur les risques potentiels des jeux vidéo sur les mineurs.
"Nous avons introduit un contrôle parental sur le choix de jeux et nous allons ajouter la possibilité de limiter le temps d'écran", assure M. Lee.
L'entreprise souligne également que la console, qui propose également un service d'abonnement pour accéder à une soixantaine de jeux, ne contient pas de publicité, de micro-transactions ni de discussion en ligne.
W.Baert --JdB